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Solidarité. « C’est toujours un combat permanent »

Femmes et hommes ont manifesté, hier, pour le droit à l’avortement en Espagne et en Europe.

Des centaines d’hommes et de femmes ont marché dans les rues de Marseille, hier depuis le Vieux-Port jusqu’à la représentation de l’Union européenne, pour la liberté d’avorter en Espagne et ailleurs.

« Ni curés, ni imams, ni rabbins, notre corps nous appartient », ont-elles clamé derrière la banderole du Collectif 13 droits des femmes à l’initiative de la manifestation avec le Planning familial (PF). Tandis que celles du PF scandaient « Aborto libre, nosotras decidimos ». Des voix solidaires de leurs sœurs espagnoles qui subissent l’annulation de la loi progressiste de 2010 autorisant l’avortement par le gouvernement du Parti populaire de Mariano Rajoy. Francesc n’est pas tendre avec les héritiers du franquisme. « Ça fait 60 ans que je manifeste pour la liberté, ce bien fondamental. On se retrouve avec les mêmes fascistes d’il y a 60 ans. » Militante du Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception (Mlac), Monique a pratiqué des avortements « pour montrer que c’était un geste simple s’il était fait dans de bonnes conditions. Ce qui se passe en Espagne est la preuve que si l’on ne se bat pas sans arrêt, il y a toujours recul des droits ». Mani est sur la même longueur d’onde : « C’est toujours une lutte permanente. En Pologne, ils sont revenus en arrière. Si on arrête de lutter ici ça nous pend au nez. »

On peut lire des pancartes : « IVG libre et gratuit en Espagne et en Europe », car il s’agit bien d’une bataille à l’échelle européenne comme le souligne Esther Fouchier du Collectif 13 droits des femmes. « L’Espagne a montré l’exemple en matière de lutte contre les violences de genre et pour l’égalité professionnelle. Le parlement européen a voté contre le rapport Estrela qui voulait faire de l’avortement un droit européen. » C’est pourquoi la mobilisation se poursuit jusqu’au 1er février dans toutes les villes de France, à Madrid et dans d’autres capitales européennes afin de défendre la liberté de choix pour chacune. Une décision qui renvoie à « Un enfant si je veux, quand je veux » entendu dans le cortège. Madeleine trouve terrible ce retour en arrière avec la montée des intégrismes d’où qu’ils viennent.

« En Tunisie, on a obtenu l’égalité dans la citoyenneté entre femmes et hommes », témoigne Sophie. « Ces reculs du droit des femmes en Europe nous fragilisent nous les femmes du Maghreb et du monde arabe. »

Elles ne veulent plus regarder dans le rétroviseur des avortements clandestins où, du haut de ses 91 ans, Juliette se souvient que les filles se mettaient du persil pour se faire avorter au risque d’infections. « Interdire l’avortement ne le fait pas disparaître », devait rappeler Claire Ricciardi, Présidente du Planning familial de Marseille. « Clandestin, il devient source d’inégalités et de corruption. »

Piedad Belmonte (La Marseillaise, le 12 janvier 2014)

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