Fédération des Bouches-du-Rhône

Fédération des Bouches-du-Rhône
Accueil > Idées
 

Le 16 mars. La Marseillaise refait son look

Le bulletin de souscription

 
 
 

Psychiatrie. Retrouver le sens commun du vivant

Débat public ce soir au théâtre Mazenod avec Roland Gori, psychanalyste, et Pierre Dharréville (PCF).

Le lien social s’effiloche, les individus cherchent à échapper à l’inconfort de leur existence. Ils souffrent : les affections psychiatriques touchent 50.000 personnes dans le département.

« Notre volonté de placer l’humain d’abord nous oblige à nous pencher sur la psychiatrie qui soigne les humains. Mais nous devons aussi montrer les enjeux et la nécessité de préserver le bien commun, à l’opposé de la tentation sécuritaire avec la volonté de mettre les malades à l’écart, de les normaliser », explique Pierre Dharréville, Secrétaire départemental du PCF 13 qui organise le débat public de ce soir. La période d’austérité « pèse sur l’offre de soins et le système de santé » et cette spécialité médicale subit de plein fouet les mesures d’économie. « La psychiatrie est un marqueur de l’état social. La manière dont elle est traitée illustre la façon dont on traite les plus fragiles », poursuit-il. La thématique « Folie du système, folie sécuritaire, folie des conditions de travail. Et le soins dans tout ça ? » invite à inscrire les constats dans une réflexion plus large mais faisant corps avec son objet.

« Dans la destruction du lien social, il s’agit de contrôler, de surveiller la multitude », décrit Roland Gori, psychanalyste, professeur émérite de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille. « Du coup, on ne demande plus aux professionnels de soigner les malades, mais de contrôler les populations à risque. Les outils de la psychiatrie sont transformés dans le sens d’une hygiène publique du corps social. Et l’on ne soigne plus les patients dans leur histoire singulière. » Le collectif de l’Appel des appels qu’il a cofondé en 2008 (90.000 signatures) par des professionnels du soin, de la justice, de la recherche, de l’éducation, de l’information, du travail, de la culture, du social, appelait à une « insurrection des consciences » contre des réformes « pervertissant par des normes comptables et gestionnaires jusqu’au sens de leur métier ». Le soin devenant alors « le moyen d’équilibre gestionnaire », démontre-t-il.

Le collectif dénonce « l’instrumentalisation, par la politique néolibérale, des professionnels visant à les transformer, et qui ne voit dans l’homme qu’un instrument technique de colonisation des moeurs où la valeur se confond avec le prix, où la mesure est la conformité », détaille le Pr Gori. « C’est à dire que l’évaluation est confondue avec la notation. C’est un pilotage par les chiffres qui constitue une nouvelle manière de gouverner. » Avec au premier rang, Margaret Tatcher et Ronald Reagan, que le psychanalyste qualifie de « criminels de civilisation, qui se sont appuyés sur les économistes de l’école de Chicago pour promouvoir un homo economicus ». Des décennies plus tard, la récolte est mauvaise. « Cela a produit de la dérégulation sociale et politique, qui a provoqué les crises, financière, sociale, économique et politique que nous avons connues. » Le défi du collectif « est de reconstruire un espace commun du vivre ensemble à partir d’une éthique des métiers ».

Pierre-Edouard Thiébaud, responsable syndical à l’hôpital Edouard-Toulouse, et Serge Klopp, référent psychiatrie à la commission santé du PCF, seront également de la partie pour en débattre.

Nathalie Fredon (La Marseillaise, le 12 décembre 2013)

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.