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Compte-rendu de la réunion du groupe de travail « psychiatrie »

La conception que l’on a de la psychiatrie reflète la conception que l’on a de la société et de l’être humain, et la manière de pratiquer la psychiatrie s’inscrit dans l’idéologie portée par une société. C’est la raison pour laquelle ces questions- là sont éminemment politiques, et nous devons ici les traiter en faisant de la politique.

Les communistes ont pris une part prépondérante dans l’histoire de la psychiatrie, à travers une pratique qui a marqué des générations de praticiens, désignant le patient comme acteur de ses soins, l’appréhendant dans sa globalité de sujet.

Cette psychiatrie, que nous avons contribué à construire, est aujourd’hui attaquée. La psychanalyse également, qui soutient une vision de l’humain peu compatible avec l’idéologie libérale.

Il s’agit bien de combattre l’idéologie qui prévaut aujourd’hui en psychiatrie, comme nous combattons l’idéologie libérale, et de nous interroger sur la mission de la psychiatrie, sur la nature des soins qu’elle propose, et souvent impose.

L’hôpital psychiatrique, en matière de moyens, est plus déficitaire encore que les autres secteurs de la santé. Il souffre également d’une pénurie « qualitative », d’un manque de personnels « dédiés », psychiatres, psychologues, infirmiers psychiatriques, dont la formation spécifique a été supprimée.

Du côté des patients accueillis, la diversité est importante, avec un accroissement des socio pathologies et de plus en plus de patients sortis d’incarcération.

Aujourd’hui, on ne traite plus des patients, on ne soigne plus la folie, on soigne des symptômes. Et à chaque symptôme son médicament, pour le plus grand profit des lobbies pharmaceutiques, qui bénéficient de l’allongement sans fin de la liste des troubles mentaux.

La question de la mobilisation autour de la psychiatrie peut se poser, dans une période où celle-ci a perdu sa fonction de subversion pour abonder le politiquement correct de l’idée sécuritaire. La psychiatrie n’intéresse plus parcequ ‘elle n’interroge plus. Nous sommes les seuls à résister aux sirènes du sécuritaire, alors il nous faut travailler au réinvestissement de la psychiatrie par l’opinion, autrement que par le biais de l’insécurité qu’engendrerait la présence du fou dans nos rues.

Le groupe de travail fait trois propositions pour concrétiser sa réflexion :

  • Rédiger une note à l’attention de Jean-Marc Coppola, qui doit rencontrer le directeur de l’ARH avec le groupe Front de Gauche à la Région, et poser ainsi la question de la psychiatrie ;

  • Rédiger une lettre de sensibilisation à diffuser largement ;

  • Organiser début décembre un débat dont l’intitulé pourrait être « la folie du système, la folie sécuritaire, la folie des conditions de travail : et le soin dans tout cela ? » ou bien : « le monde est fou, et nous, on s’en fout ? Quelle psychiatrie pour quelle société ? » ou toute formulation adéquate.

Le débat pourrait partir d’un dialogue entre Roland Gori et Pierre Thiébaud, membre de notre groupe de travail et responsable CGT au CHS Edouard-Toulouse. Il sera introduit par Pierre Darrhéville en sa qualité de Secrétaire fédéral. Il pourrait avoir lieu fin novembre mais pas plus tard, compte tenu du calendrier fédéral à l’approche des municipales.

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