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Base de projet pour une liste de rassemblement populaire aux élections municipales de Marseille

Assises citoyennes pour Marseille - samedi 28 septembre 2013

Marseille est une ville malade des politiques libérales et clientélisme suivies depuis des décennies. Le résultat est là : des inégalités accrues et une polarisation des richesses. Malgré ses potentialités économiques, sociales et culturelles, malgré le dynamisme de sa population, la Ville s'enfonce dans la crise, dans la difficulté du vivre ensemble et le développement du racisme. Et elle est désormais menacée par la démagogie meurtrière du FN.

Il faut une réelle rupture avec les politiques du passé et ses compromissions. Il faut une véritable alternative de gauche et écologique. Avec la population, nous voulons construire, localement comme globalement, un projet alternatif à la hauteur des besoins sociaux, des attentes démocratiques et des nécessités écologiques. Le Front de Gauche souhaite que se regroupent toutes les forces de la gauche marseillaise qui s'opposent aux logiques austéritaires, les militants et équipes du mouvement social et associatif, notamment dans les quartiers populaires, les citoyens qui aspirent à un vrai changement. Notre première volonté étant de contribuer à la défaite de la droite et de l'extrême droite.

Les grandes orientations que nous soumettons au débat :

  • affecter les fonds publics exclusivement aux services publics (qui devront être gérés avec les usagers), aux biens communs, aux projets d'intérêt général pour les développer dans toute la ville ;
  • relocaliser l'activité économique, notamment coopérative, sociale et solidaire et notamment dans les quartiers populaires ;
  • mener des politiques écologiques ambitieuses pour l'énergie, l'eau et la biodiversité dans toute la ville.

I/ De l'activité économique et du travail pour toutes et tous

La droite marseillaise n'en finit pas de miser sur la fin de l'activité industrielle dans la Ville au profit du tout tourisme. Il n'y pas de raison d'opposer activité tertiaire et industrielle.

Nous réclamons la mise en place d'une véritable politique de développement durable avec et autour du Port.

Le chômage est un fléau dont la réalité va bien au-delà des données statistiques. Les quartiers populaires doivent être une priorité de l'action municipale en dépassant la seule logique de la politique de la ville et de l'aide au tissu associatif.

Des dizaines de millions d'euros repris sur les aides sans condition à l'économie privée doivent être réaffectées pour mettre en œuvre les projets économiques des habitants et aider les nombreuses expériences coopératives, sociales et solidaires.

II/ Un logement décent pour tous.

Il manque 40 000 logements à Marseille, particulièrement des logements sociaux. La mairie doit prendre des mesures concrètes pour maîtriser le foncier, faire baisser les loyers. Elle doit organiser un recensement sincère de tous les logements publics et institutionnels laissés vides, et demander l'application de la loi de réquisition. Le principe de préemption peut être un outil concret pour garantir une politique alternative du logement. Nous œuvrerons pour atteindre l'objectif fixé par la loi de 20% de logements sociaux par arrondissement, au lieu qu'ils soient concentrés dans un nombre réduit de quartiers.

La scandaleuse politique clientélisme d'attribution des logements sociaux doit cesser. La publicité des mécanismes d'attribution sera assurée, et les critères discutés publiquement et démocratiquement.

Les populations seront étroitement associées à la gestion du parc qu'elles habitent. Enfin, une politique spécifique sera élaborée pour résoudre les problèmes chaque jour plus préoccupants d'une partie du parc de logements privés fortement dégradés.

III/ Priorité aux services public

A) L'école, priorité budgétaire

  • Construction de nouvelles écoles ;
  • Plan de rénovation du bâti existant ;
  • Attribution des centaines de logements vides attachés aux écoles, aux personnels enseignants et municipaux
  • Plan d'élimination de la précarité des Atsem (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles)
  • Accueil gratuit assuré de 7h30 à 18h30 ;
  • Remunicipalisation de la restauration scolaire avec la gratuité pour les familles les plus modestes.

B) Remédier à la crise de l'accueil de la petite enfance

L'accueil des enfants d'âge préscolaire est un enjeu de société qui doit relever pour l'essentiel du service public. De plus, l'accueil des jeunes enfants est au cœur de l'exercice du droit au travail des femmes. Marseille, bien qu'étant l'une des villes françaises où la natalité est la plus forte, est pourtant aussi l'une des villes où la politique locale en matière de petite enfance est la plus déficiente.

  • Création d'un large service public d'accueil diversifié des jeunes enfants dont les parents seraient les usagers et les acteurs, et ouvert prioritairement à tous les enfants dont les parents travaillent, sont en recherche d'emploi, en situation d'études ou de formation ;
  • Construction de crèches et ouverture de 1500 places sur 3 ans.

C) Régie publique de l'eau, de l'assainissement, du traitement des déchets et de l'utilisation de la biomasse

D) Une politique des transports pour en finir avec l'engorgement de la Ville et le tout-voiture : clé d'une orientation respectueuse de l'environnement

Bouchons interminables, pollution récurrente, c'est le lot quotidien des Marseillaises et des Marseillais. Les politiques publiques menées depuis des années ont privilégié la circulation automobile avec la réalisation d'infrastructures routières, de tunnels à péage et d'incohérence en matière de transport public. L'enjeu est donc double pour sortir Marseille et ses habitants de cette pollution par les gaz, le bruit et les embouteillages.

Tout d'abord, il s'agit d'empêcher des automobiles et des poids lourds d'entrer dans la ville. Ensuite, il faut créer et organiser des transports collectifs pour avoir accès partout dans la ville, à égalité du nord au sud et d'est en ouest.

  • Création de parkings d'entrée de ville, véritables pôles d'échanges multimodaux (autos, TER, bus, tramway, métro, vélo, navettes maritimes…) suffisamment grands, sûrs et gratuits pour réduire de moitié la circulation automobile dans le centre-ville d'ici la fin du mandat ;
  • Développement des métros, tramway et navettes maritimes pour irriguer de manière égalitaire et complémentaire la ville et pas seulement le centre-ville ;
  • Finalisation de la L2 à vocation de délestage des boulevards urbains centraux pour réduire la place de l'automobile dans le centre de l'agglomération ;
  • Reconquête des voies du centre-ville avec des aménagements cyclables, des espaces piétonniers, des sites propres, des parcs relais, des pôles d'échanges multimodaux ;
  • Gratuité pour les jeunes de moins de 26 ans et pour les plus de 60 ans sous conditions de ressources, dans un premier temps ;
  • Mis en place d'un péage pour tous les poids lourds en transit afin d'en limiter l'accès et les nuisances.

Nous créerons des plate-formes logistiques en entrée de ville afin de limiter l'accès des poids lourds devant livrer les différents services et nous développerons une flotte de véhicules électriques et hybrides de petit gabarit. La flotte de véhicules de la municipalité sera dotée de véhicules électriques et hybrides.

IV/ Une politique à l'écoute des besoins des quartiers populaire

Garantir scrupuleusement l'égalité des territoires dans la mise en œuvre des décisions et prendre des mesures de rattrapage pour combler le fossé creusé par les politiques précédentes.

  • Création d'une instance permanente de dialogue et de travail avec les pouvoirs publics et les institutions justice, police, Education nationale, Drac, ARS…) afin de prendre en compte les propositions les collectifs citoyens, des associations… ;
  • Augmentation et modernisation des services publics et sociaux ;
  • Organisation rationnelle des transports en commun, en particulier des liaisons transversales inter quartiers ;
  • Humanisation de l'espace urbain dans les quartiers périphériques.

VI/ Sport

Nous ne pouvons pas réduire les activités physiques et sportives à la seule vision sanitaire voire hygiéniste. D'autres dimensions d'ordre culturel, social, économique font que les activités physiques et sportives sont fondamentales pour le développement et l'émancipation de l'humain. On ne peut non plus réduire le sport au seul football, et au moment où le sport est plus souvent synonyme d'enjeux financiers considérables qui poussent aux dérives, il est essentiel que la municipalité modernise ses équipements sportifs publics au lieu de fermer des piscines et des stades pour laisser la place à la promotion immobilière.

C'est pourquoi nous négocierons avec le club OM une redevance qui permette aux Marseillais de ne pas payer d'impôts pour financer la rénovation du Stade vélodrome et nous consacrerons cette redevance exclusivement à la remise en état et à la création d'équipements sportifs de la Ville.

VII/ Culture

Marseille possède une force créatrice et artistique immense qui n'est pas valorisée. Pourtant, l'attente des Marseillais-e-s est forte en matière de culture. Mais la conception strictement événementielle de Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture délaisse les acteurs culturels du territoire.

De plus, on ne peut ignorer que cette manifestation, utilisée par la Ville et le patronat comme une opération de prestige, accompagne la spéculation immobilière et vise l'élimination des classes populaires du centre-ville.

Avec le désengagement financier des collectivités, la culture est de plus en plus soumise à des objectifs marchands, qui sont loin d'en développer les pratiques et d'en démocratiser l'accès.

Nous voulons et croyons en une culture qui favorise l'émancipation de tous, l'épanouissement intellectuel, l'éducation populaire et le lien social. Nous donnerons aux structures et acteurs culturels de Marseille les moyens qui permettent de vivre et de faire vivre la culture.

Négociation avec les principales structures culturelles pour la création d'un Pass culture permettant l'accès aux manifestations au demi-tarif systématique pour les moins de 30 ans et l'ensemble de la population sous conditions de ressources. L'ensemble des bibliothèques et musées municipaux deviendront gratuits pour les habitants de l'agglomération marseillaise.

VIII/ Une ville pour l'égalité, la dignité et le vivre-ensemble

Agir contre toutes les discriminations en menant une politique volontariste de lutte contre les violences faites aux femmes, l'homophobie, racisme…

La politique de traque des Roms et de concentration sur les quartiers populaires déjà en difficulté vise scandaleusement à en faire les boucs émissaires. Nous demandons qu'une réelle politique d'insertion soit mise en œuvre en collaboration avec les associations et les populations et que soient demandés et mobilisés les crédits européens destinés à cet effet.

IX/ Contre les violences et pour la tranquillité des populations

Nous aurons toujours comme fil directeur conducteur la police comme un service public, exemplaire et de proximité, guidée par l'intérêt général, le respect et la dignité des habitants citoyens.

Nous sommes favorables au retour de la responsabilité donnée à la seule police d'État. Mais tant que demeure une police municipale, nous proposons de rompre avec les politiques précédentes du chiffre et du tape-à-l'œil touristique, il faudra développer et relocaliser les services de police municipaux auprès des populations de tous les quartiers, avec une pratique de connaissance du terrain, de travail de proximité en liaison avec les services de surveillance et gardiennage des grands ensembles, et en recherchant systématiquement le dialogue citoyen avec les habitants.

Ce ne sont ni l'installation de caméras partout ni les rodéos d'une police cow-boy qui sont la solution, mais une police de proximité. La folle course à la multiplication des caméras n'empêche pas les trafics, crimes et règlements de compte. Il est grand temps de tirer les enseignements de cet investissement public payé par les contribuables. L'image, la pratique, l'attitude des forces de police doivent changer et des moyens être attribués en ce sens.

Cela suppose aussi un dialogue institutionnalisé avec des lieux de rencontre dans tous les arrondissements, et une véritable présence des citoyens et des associations représentatives au Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD).

X/ Pour en finir avec le clientélisme, la démocratie partout, toujours

Il faut briser l'opacité qui protège le clientélisme, produit de la misère, comme dans tant de pays où le chômage et l'absence d'avenir conduisent les populations à perdre confiance et à se chercher des protecteurs. Transparence démocratique et contrôle citoyen, partout et toujours ! Dans l'attribution des logements sociaux, dans celle des places en crèche, dans les recrutements dépendants de la Ville ou de MPM. La main mise intolérable du syndicat majoritaire, source principale du dysfonctionnement du service public, doit cesser.

En même temps que l'élimination du clientélisme, et pour la permettre au plus vite, il faut développer la démocratie de proximité. Nous sommes favorables au transfert du maximum de responsabilités aux Mairies de secteur. Et, dans le même mouvement, pour le développement de l'implication des populations dans la conduite quotidienne des affaires de la cité.

A tous les niveaux, nous développerons des instances de co-construction de la politique municipale pour donner aux habitants et aux associations l'espace de donner leur avis avant la mise en œuvre des projets, d'évaluer les résultats des politiques et de les réorienter.

Nous créerons les conditions d'une gestion de la ville au plus près des habitants, en réclamant une loi pour l'instauration de Mairies d'arrondissement, comme c'est le cas à Paris et Lyon.

Nous sommes favorables à une coordination harmonieuse des politiques menées par les collectivités locales (Mairie, Agglomération, Conseil général, Région) à l'opposé de la métropolisation qui met en concurrence les collectivités et les territoires et qui confisque la démocratie.

Ce document n'est pas un programme ficelé mais une étape dans la construction d'un projet ambitieux pour Marseille que ces Assises et les mois qui viennent devront enrichir et approfondir.

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