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Septèmes-les-Vallons. Discours d'André Molino lors de la commémoration du 8 mai

8 mai 2013. 68ème anniversaire de la victoire du 8 mai 1945

Discours d’André Molino
Maire de Septèmes-les-Vallons
Vice président de la Communauté urbaine
Marseille Provence Métropole

Mesdames, Messieurs les élus,
Messieurs les représentants de la police nationale,
Messieurs les représentants du Corps départemental des sapeurs pompiers,
Messieurs les Présidents d’associations d’anciens combattants,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations,
Chers enfants,
Mesdames, Messieurs,

En ce 8 mai 1945, les cloches de France saluent la fin de la deuxième guerre mondiale.

La machine de guerre nazie est défaite, le monstrueux régime fasciste qui a endeuillé l’Europe et le monde est vaincu.

A l’ombre de la croix gammée gisent soixante cinq millions de victimes, dont plus de la moitié de civils. Pas un peuple n’a été épargné par cette tourmente effroyable, par cet holocauste qui a aussi emporté 6 millions de juifs, de tziganes et de roms exterminés dans les camps de la mort.

Nous sommes aujourd’hui rassemblés pour rendre hommage à toutes ces victimes, pour faire vivre leur souvenir.

Pour dire aux combattants de toutes les armées du monde notre reconnaissance et notre respect.

Ils étaient américains, canadiens, anglais, héroïques sur les plages de Normandie.

Ils étaient russes, tchèques, polonais sur le front de l’Est qui, devant Stalingrad, à l’hiver 1942, ont, les premiers, enrayé l’inexorable déferlante des armées nazies.

Ils étaient aussi Français de la métropole, d’outre-mer et d’Afrique. Ils étaient provençaux, berrichons, savoyards. Ils étaient spahis, zouaves, tabors. Ils étaient unis pour reconquérir notre liberté, leur liberté. Par leur engagement, par leur sacrifice, ils ont terrassé le monstre.

Un monstre pourtant porté au pouvoir par les urnes. Par un peuple allemand qui, sur fond de crise, mettait ses espoirs dans le IIIème Reich et allait payer un lourd tribu au choix politique qu’il faisait en ce début des années 30.

Mais au delà du peuple allemand, c’est bien tout un système économique et financier, déjà apatride, qui s’est mis au service de ce régime d’extrême droite. Ce sont bien des capitaux américains, anglais, et encore français qui ont soutenu l’effort de guerre d’une nation aryenne dont la tâche première devait être l’éradication de l’Union soviétique et du communisme. L’ennemi absolu, noyauté par la juiverie internationale disaient-ils.

En ce début 1940, les jeux semblent faits. La “drôle de guerre“ avait pris des allures de débâcle, le gouvernement français, déjà tenté par un rapprochement avec Hitler devient franchement collaborationniste.

Mais, en face, des hommes et des femmes, venus d’horizons très divers, décident de ne pas se soumettre, décident de résister aux injonctions de l’Etat français et à ses interventions larmoyantes, encore auréolées d’une guerre plus ancienne.

Dans une France accablée, résignée à subir le poids de la défaite, ces hommes et ces femmes, contre toute raison, vont se dresser face à ce qui est présenté comme inévitable, intangible.

Ils vont se lever, s’organiser et reprendre le combat pour la liberté abandonné par le gouvernement de Vichy.

La Libération et la Victoire trouvent leur source dans cette volonté de résister. Dans cette volonté de ne pas accepter la fatalité, de ne pas laisser à d’autres le soin de décider à leur place, dans cet engagement citoyen.

Cette résistance, elle va s’incarner.

A Londres, au printemps 1940, le général de Gaulle lance l’appel du 18 juin. La France libre est née.

Dans le pays, mais aussi partout dans les autres pays occupés d’Europe, des groupuscules s’organisent dans la clandestinité. Dans notre pays, ces résistants -les autorités disaient alors terroristes- sont français ou pas.

Ils sont engagés en politique, souvent au sein du Parti communiste français, mais viennent aussi d’autres horizons. Ils sont syndicalistes, cheminots, ouvriers, fonctionnaires ou paysans.

Ils éditent des tracts et des journaux clandestins, ils font du renseignement, ils cachent des juifs, des soldats alliés ou des réfractaires au STO. Ils font dérailler des trains, sabotent des usines d’armement et harcèlent l’occupant.

Dans une France occupée où quelques uns collaborent, où la grande majorité supporte en silence, ils sont quelques uns, prêts à tout risquer pour dire non à l’inacceptable, pour faire vivre l’espoir d’une libération qui paraît alors hors du possible.

Souvent au péril de leur vie, malgré la prison, la torture et la déportation, ils vont résister et finalement triompher.

Par leur combat, ils sont de ceux qui ont forgé l’âme de la France, celle du poète, celle qui monte des mines, qui descend des collines, celle qui paie toujours les crimes et les erreurs, celle qui remplit l´histoire et ses fosses communes, celle qui chante la belle la rebelle et qui tient l´avenir serré dans ses mains fines.

Parce que résister, c’est aussi progresser, dans leur lutte quotidienne, ils ont aussi forgé le programme du Conseil national de la Résistance, celui de la Paix, de la Fraternité et des conquêtes sociales.

Energie, protection sociale, santé, éducation, élargissement du droit de vote, ils ont forgé un programme, issu de leur résistance à la barbarie, un programme qui avait pour ambition de conforter l’existence d’une nation solidaire où chacun existe pleinement parce que l’autre aussi existe.

Un projet social qui focalisait tous les espoirs nés de la victoire sur les nazis, une vision pacifiste solidaire et fraternelle de la reconstruction de la Nation.

C’est donc justice que le jeudi 28 mars dernier, en écho aux demandes des associations d’Anciens combattants et de résistants, le Sénat ait adopté, par 346 voix contre 2, une proposition de loi instaurant une journée nationale de la Résistance le 27 mai.

Date symbolique qui fait référence au 27 mai 1943 où réunies clandestinement à Paris, sous la présidence de Jean Moulin, les différentes organisations de la résistance intérieure créaient le Conseil national de la Résistance (CNR).

La très belle exposition de timbres et de documents qui vous est présentée salle Fernand Ros par nos amis de l’Association des philatélistes septémois et par ceux de l’Association nationale des amis de la résistance retrace des moments forts de cette période sombre, faite de souffrance et de sacrifices, mais aussi lumineuse, parce que porteuse de tous les espoirs.

Réunis aujourd’hui devant ce monument, nous rendons hommage à tous les combattants, ceux des armées régulières, comme ceux des armées de l’ombre.

Nous nous inclinons devant toutes les victimes de ce qui demeure, pour le moment, la dernière des guerres mondiales.

C’est un acte de mémoire et c’est un témoignage de gratitude.

Nulle trace de passéisme dans notre rassemblement, ni d’idéalisation du sacrifice suprême. Cet hommage est dédié à la Paix, autant qu’il est dédié à la résistance.

Contrairement à un autre poète, nous pensons que toutes les idées ne sont pas ressemblantes, que celles et ceux qui se sont sacrifiés pour défendre leurs valeurs ne souhaitaient pas mourir pour des idées, mais bien vivre pour elles.

Ils ne voulaient pas et n’ont pas demandé à mourir et ils se sont engagés quand même pour que nous, nous puissions vivre par elles.

Rassemblés aujourd’hui, nous accomplissons aussi un devoir essentiel, celui de transmettre aux jeunes générations la connaissance du réel.

Nous avons le devoir de dire à ces enfants, à ces jeunes qui ont le bonheur de n’avoir jamais connu la guerre combien elle est atroce, combien elle est porteuse d’anéantissement.

Nous avons le devoir d’ancrer dans leur mémoire collective, comme dans la notre, toutes ses horreurs.

A Septèmes Ville de Paix, la grande famille des anciens combattants de toutes les guerres, les responsables et militants du Mouvement de la Paix, les élus et tous ceux qui œuvrent au quotidien pour l’avènement de la fraternité et de la coopération entre les peuples, savent qu’ils doivent encore faire progresser leur idéal.

Ensemble, nous partageons la conviction que c’est en faisant vivre cette aspiration universelle  que nous nous montrerons dignes de la mémoire de toutes celles et de tous ceux qui ont combattu pour que nous puissions aujourd’hui célébrer le 68° anniversaire de la victoire du 8 mai 1945.

La victoire de la fraternité sur l’intolérance, la victoire de la lumière sur les ténèbres, la victoire de la vie sur la mort.

Nous avons aussi le devoir d’œuvrer ensemble pour empêcher le retour des idéologies racistes et criminelles qui, partout en Europe, et comme dans les années 30 ressurgissent sur fond de crise, porteuses des mêmes dangers et des mêmes risques pour l’Humanité.

Et l’un des enseignements essentiels de cette victoire de l’Humanité sur la barbarie, c’est justement cette capacité à résister, cette capacité à refuser ce qui est injuste, ce qui est intolérable, cette capacité à faire front contre les idées toutes faites, les idées reçues, dès lors qu’elles ne sont pas en adéquation avec ce que l’on pense au fond de soi.

En tous temps, en tous lieux, face aux pires difficultés, devant les Saint Jean Bouche d’Or de la pensée unique, face aux “il n’y a pas le choix, il faut faire avec”, certains choisissent de se soumettre, de rester assis sur le bord du chemin.

D’autres font le choix d’agir, de résister,  même quand tout semble perdu.

C’est toujours de l’action et de la résistance que sont venus les progrès de l’Humanité, depuis Jésus Christ, jusqu’aux printemps arabes, en passant par la place Tien Anh Men, 1789, 1917 ou 1940.

Perpétuer le souvenir des combattants de l’ombre, de ceux de tous les champs de bataille, c’est aussi, et c’est d’abord s’engager, comme eux, en résistance.

Je laisse maintenant place à la Chorale Sainte-Anne et à son chef de chœur, Christiane Cayol, comme vous le savez également conseillère municipale, qui, à leur façon vont aussi vous parler de résistance, d’espoir et de Paix.

Vive Septèmes Ville de Paix,  
Vive la République,  
Vive la France

André Molino

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