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Conseil départemental du 4 avril 2013

Rapport introductif d'Yveline Primo

Il n'y a pas que le printemps qui se fait attendre, le changement aussi !

Et ce n'est pas la prestation du président Hollande qui va rassurer.

Les Françaises et les Français, dont la préoccupation numéro un est l'emploi, se disent à 81 % , déçus par la politique du gouvernement de lutte contre le chômage.

Ils ne sont que 15%, selon le Nouvel Observateur, à être satisfaits des mesures prises en matière d'emploi.

Parallèlement, l'INSEE a annoncé mercredi dernier une diminution de l'ordre de 0,4% du pouvoir d'achat sur l'année 2012.

Un recul record depuis 30 ans qui n'augure rien de bon en matière de croissance et de création d'emplois.

S'il est un domaine où les attentes étaient pressantes et ou la déception est grande, c'est bien celui du redressement de l'industrie. La très symbolique mise en place du Ministère du Redressement Productif et son ministre n'ont pas fait longtemps illusion.

A la place, c'est le pacte de compétitivité et les 20 milliards d'aides publiques aux entreprises sans contre-partie.

A la place, c'est le projet de loi transposant l'accord de flexibilisation de l'emploi, ANI, signé par le patronat et 3 syndicats minoritaires, autre symbole de renoncement du gouvernement Ayrault.

Projet qui n'apporte de satisfactions qu'au patronat puisqu'il facilite entre autre les licenciements.

Rappelons-nous un instant les promesses :

  1. Amélioration des comptes publics

  2. Compétitivité des PME

  3. et surtout ramener la justice sociale.

Concrètement, c'est 20 milliards offerts aux entreprises et une TVA dite sociale réinstaurée pour compenser le manque à gagner et la fameuse taxe à 75 % des hauts revenus, transformée en son contraire, c'est-à-dire un nouveau bouclier fiscal.

On est bien loin de la réforme redistributive attendue par les gens qui ont voté à gauche le 6 mai !

Après les promesses électorales, c'est bien l'austérité budgétaire qui est à l'ordre du jour et plombe la croissance et le moral des français.

La ligne de conduite affichée par Hollande est claire.

  • Réduire à zéro le déficit en 2017 et relancer la compétitivité.

  • Réaliser en 5 ans 60 milliards d'euros d'économie dans les dépenses publiques, une purge jamais vue sous la 5ème République !

Avec sa traduction immédiate dans le budget 2013, mettant en œuvre des coupes sombres dans nombre de ministères : Affaires Sociales, Santé, Transports, Culture et même dans les budgets présentés comme prioritaires, celui de l'éducation par exemple.

Et que dire des collectivités territoriales, où sont annoncés 4,5 milliards d'euros de dotations en moins d'ici 2015 ! avec à la clé, une remise en cause des services publics de proximité, alors que, rappelons-le, les collectivités territoriales réalisent 70 % des investissements publics.

Certes il y a besoin de travailler, centralisation et concentration des pouvoirs au mépris des élus de la République sur une métropole pour masquer la vraie réalité à laquelle les collectivités vont être confrontées. Autour de l'appel des 200 élus, l'ANECR et ADECR ont engagé une mobilisation.

Et François HOLLANDE d'annoncer également une nouvelle rallonge en matière de cotisation retraite et de la mise en cause des politiques familiales, notamment, les prestations familiales sujet de débat dont les pistes de réflexion seraient, soit rendre imposables les prestions soit les rendre accessibles sous condition de ressources.

Le chiffre annoncé serait autour de 1700 euros équivalent au SMIG que nous réclamons.

C'est l'application du traité européen signé sans aucune renégociation ; la France s'alignant ainsi sur la volonté de toute puissance des capitalistes européens et en particuliers allemands.

L'exemple chypriote pousse jusqu'à la caricature cette application.

Les puissances de l'argent et leurs représentants européens ne prennent pas de gants, ils sont prêts à faire la poche des contribuables pour cela.

J'étais sur la rédaction de ce constat alarmant quand est tombée la nouvelle des aveux de Jérôme CAHUZAC, ministre du budget du gouvernement socialiste.

Cette affaire est un véritable choc politique qui a amené la président de la République à réagir.

Il annonce trois réponses :

  1. indépendance de la justice

  2. lutte contre les conflits d'intérêt

  3. et interdiction de tout mandat public des élus condamnés.

Ces mesures sont indispensables mais insuffisantes a déclaré le secrétaire national du Parti. Il demande à ce que, cette fois-ci, nous allions au bout de l'assainissement de la vie publique.

Cela n'a que trop duré.

C'est seulement en s'attaquant aux conflits d'intérêt entre les puissances de l'argent et le pouvoir politique que nous pourrons en venir à bout.

C'est seulement ainsi que l'on empêchera le « Tous Pourris » de prospérer et d'empoisonner la vie politique en salissant l'engagement désintéressé de milliers de militants et d'élus portés par l'intérêt général.

Bernard CASENEUVE, après avoir été à la manœuvre lors du traité européen, a été promu ministre du budget, ce qui est un affichage clair de l'emprise de l'austérité européenne sur les orientations budgétaires de notre pays.

Il est donc plus que jamais urgent, et cette dernière affaire ne vient que renforcer cela, que le Parti Communiste, le Front de Gauche et les forces du changement entrent massivement dans l'action pour exiger de véritables ruptures, un vrai changement de cap.

C'est le sens de l'appel lancé par Pierre LAURENT après l'intervention de HOLLANDE.

Il est urgent de dire

  • stop aux politiques d'austérité

  • stop aux licenciements

  • stop à la crise

  • stop à la casse des services publics.

Dans toute l'Europe, des peuples se lèvent contre l'austérité, la rigueur, la misère.

En France, des mobilisations s'annoncent, il faut qu'elles soient à la hauteur.

Le 09 avril, une journée d'action syndicale interprofessionnelle se prépare.

Le 05 avril, une journée de travail se tiendra à Paris sur la question de transition énergétique et nous allons contribuer ce soir à enrichir ce débat.

Dans ce contexte, notre meeting de Martigues prend tout son sens.

D'ores et déjà, la mobilisation semble au rendez-vous.

A ce jour, 13 cars sont réservés par les sections de notre fédération et une dizaine par les départements voisins.

Nous devons faire en sorte que s'expriment fortement et massivement ceux qui pensent que la gauche ne peut pas être à l'origine d'une telle régression.

Nous pouvons faire entendre plus fort notre volonté de porter une autre alternative, d'autres propositions porteuses d'espoir.

Il n'y a pas d'autres issues que de mener le combat dans lequel il faut entraîner le peuple de gauche à faire des propositions immédiates pour sortir de la spirale de la crise.

Soyons conscients, dans le même temps que le Front de Gauche, est en bute à un problème de stratégie. Il serait dangereux de l'ignorer.

Le parti de gauche et son représentant Jean-Luc MELANCHON, souvent présenté comme s'exprimant au nom des forces de gauche, ont de plus en plus tendance à penser et à s'exprimer sur le fait que l'échec du gouvernement Hollande entraînerait de fait un rapprochement naturel vers nos idées.

Nous ne pensons pas cela.

Au contraire, les désillusions que provoque la politique du gouvernement auprès des électeurs de Hollande nous conduisent tout droit vers une catastrophe politique en faisant le lit de la droite et du Front National.

Les élections dans l'Oise en sont un exemple.

Nous n'avons aucun intérêt à attendre.

Nous devons mener sur tous les champs nos batailles

Celle contre les licenciements boursiers,

Celle pour un service public de l'énergie,

Celle pour une réforme de la fiscalité qui taxe enfin le capital,

Celle contre les expulsions,

Celle pour l'augmentation des salaires et du pouvoir d'achat,

Celle du vote des étrangers aux élections municipales.

Élections municipales dont on commence à parler un peu partout, et le débat qui s'installe, avec l'annonce faite par le PG de la présentation dans 60 villes de listes autonomes s'est faite sans concertation des partenaires du Front de Gauche et, de ce fait, n'engage ni notre Parti, ni le Front de Gauche.

Et cette annonce n'est pas à nos yeux la bonne manière d'aborder ces échéances.

Nous reviendrons dans le prochain conseil départemental exclusivement sur le sujet.

Ce que nous proposons, c'est de multiplier partout assemblées et initiatives citoyennes dont l'objectif principal doit être de battre la droite et l'extrême droite autour de projets construits avec les citoyens dans lesquelles l'apport des communistes leur place et celle du Front de Gauche soit la plus importante possible.

La préparation des discussions autour de la participation au meeting peuvent être un atout supplémentaire pour construire cette mobilisation citoyenne.

Tout raccourci contournant les batailles que nous devons mener ne peut être que dangereux et conduire à la marginalisation du Front de Gauche.

La semaine qui nous sépare du 10 avril doit être utilisée dans ce sens pour continuer à rassembler, y compris au-delà de nos rangs.

Écouter, débattre, rassembler pour enfin mettre l'économie au service de l'humain c'est la tâche qui est devant nous.

La traduction de la politique d'austérité touche tous les aspects de la vie publique, les champs d'intervention sont nombreux.

Cette campagne de grande ampleur contre l'austérité ne s'arrêtera pas au soir du 10 avril.

L'avenir n'est pas dans le renoncement, l'attente ou le repli.

L'avenir est dans le rassemblement et la mise en mouvement pour d'autres projets porteurs d'une vraie politique de gauche.

A nous d'y prendre toute notre place.

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