Fédération des Bouches-du-Rhône

Fédération des Bouches-du-Rhône
Accueil > Vos élu(e)s locaux
 

Dans l'agenda



Agenda de la fédération



Agenda des sections



Flux rss

 
 
 

Construction métropolitaine et démocratie

Patrick Magro
Vice-président de Marseille Provence Métropole
Président du groupe communiste, républicain, citoyen

 

Oui, le fait métropolitain existe. Il repose sur les déplacements habitat-travail-formation, mais aussi sur les pratiques sportives, culturelles, de loisirs et d’achat de nos concitoyens.

Oui, un retard considérable existe sur le même territoire en terme de réseau de transports et de mobilité choisie.

Oui, cela est préjudiciable aux salariés, aux jeunes, aux entreprises, à la santé et la carrière des uns et des autres.

Une mise en commun des moyens de tous ordres, sans dédouaner l’Etat de ses responsabilités, est indispensable. Mais indépendamment de cela, mais aussi à cause de ce retard, l’échec scolaire, la précarité, le chômage caractérisent des zones entières de notre département, à Marseille et autour, pas partout autant.

Les collectivités locales ont mis en œuvre de nombreux dispositifs visant à réduire les inégalités.

C’est bien mais manifestement insuffisant.

En cela l’idée d’articuler transports et déplacements avec économie, emploi et formation dans le cadre d’une planification commune à tout le territoire concerné et à ses acteurs institutionnels aurait été la bonne idée.

Au lieu de cela, des problèmes bien réels de délinquance et de sécurité ont été invités à être les co-ingrédients inattendus d’un conseil interministériel débouchant sur une idée fixe : une métropole regroupant 90 communes et faisant disparaître les intercommunalités construites patiemment depuis deux décennies.

Voir resurgir une idée combattue avec succès sous le Président de la République précédent est choquant et incompréhensible. Car cette orientation, en fait cette consigne, a été donnée sans comprendre finement tout ce qui avait progressé ces dernières années : acquisition d’une culture commune grâce à l’élaboration des documents prospectifs (SCOT, Plan Climat…) approche de la problématique transports avec le Syndicat mixte, rencontres des conseils de développement, donc des sociétés civiles locales.

La politique de la main de fer, même avec un gant de velours, débouche sur un traitement inapproprié du mal dont souffre notre territoire.

En quoi liquider, contre l’avis de la très grande majorité des élus du suffrage universel, des structures qui fonctionnent, règlera-t-il mécaniquement la pauvreté et l’insécurité ?

Partout il est reconnu que c’est le projet partagé et construit avec le plus grand nombre, dans un calendrier apaisé qui détermine la pertinence d’un territoire. Pas ici.

Passage en force et imprécisions sur ce que sera vraiment le « cube métropolitain, » dont le gouvernement esquisse les faces externes mais pas le contenu, ne peuvent déboucher que sur un blocage de fait de ce nécessaire processus de réponse aux besoins des habitantes et des habitants : améliorer radicalement les déplacements, mieux planifier, au service d’un développement économique respectueux de la Terre et des Hommes.

Quelles garanties avons-nous sur le fait que la démarche gouvernementale ne soit pas en harmonie avec une conception de la gouvernance au service objectif des marchés et des grands groupes ?

Enfin pourquoi serions-nous le seul territoire à se voir imposer un cadre contraint alors qu’en région parisienne il est acté que le « pôle métropolitain adapté » sera la porte de sortie acceptée par tous ?

A ce stade ne pas écouter la très grande majorité des élus de ce département reviendrait à délégitimer le suffrage universel, comme ciment d’une coopération réussie et solidaire.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.