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Vatican II : 50 ans, ça se fête ?

Grand débat, samedi, sur le stand des Bouches-du-Rhône, sur le thème : "que reste-t-il de Vatican II ?" Passionnant. Voici le papier d'ouverture de la dernière livraison de la lettre de la commission Laïcité et relations avec les croyants du PCF.

Le 11 octobre 1962 s'ouvrait le deuxième concile du Vatican, près d'un siècle après le premier, qui avait vu l'Eglise se préoccuper beaucoup du sort des Etats pontificaux et du statut du pape, dans une période de raidissement pour conserver son pouvoir face aux mouvements de laïcisation des sociétés. Et ce concile dont on a dit qu'il 'était pour l'Eglise celui de la modernité, constitue un évènement majeur qui mérite qu'on s'y arrête. Ce d'autant que le rapprochement amorcé par Benoit XVI avec les intégristes sortis du giron de l'Eglise catholique à la suite de celui-ci interroge de nombreux chrétiens et observateurs. Le débat va monter sur l'héritage du concile, "traumatisme" pour certains et "nouvel élan" pour les autres.

Il y eut un "souffle de Vatican II", qui porta l'Eglise à se transformer et à changer son rapport au monde comme sa conception d'elle-même. Dans son discours d'ouverture, le Pape Jean XXIII invitait les participants à se saisir de l'ensemble des questions qui traversaient l'Eglise et la société. Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, souligne qu'ils étaient invités à "opérer un discernement de foi à partir des grandes questions qui se posent au monde, et que le pape présenta dans son encyclique Pacem in terris (11 avril 1963) comme les signes des temps : vie familiale, égalité des peuples, promotion des droits de la personne, réfugiés politiques, nations en voie de développement, bien commun universel, principe de subsidiarité... " Il ajoute, à propos de la démarche du Concile : "Le Concile Vatican II a adopté une démarche singulière et originale. Le pape Jean XXIII n'a pas voulu faire du Concile œcuménique qu'il convoquait, une instance magistérielle qui formule une série de condamnations ou d'anathèmes. On a ainsi parlé, à ce propos, de Vatican II comme d'un Concile pastoral." Le Cardinal Roger Etchegaray, qui en fut l'un des acteurs le résume ainsi : "Qu'ai-je entendu lorsque Jean XXIII a annoncé le Concile ? « Je veux ouvrir la fenêtre de l'Eglise, afin que nous puissions voir ce qui se passe dehors, et que le monde puisse voir ce qui se passe chez nous »." Il fut pour lui le témoignage d'une Eglise "capable de témoigner l'absolu de Dieu au sein des solidarités humaines".

Le concile n'a fixé aucune limite au champ de son travail collectif, faisant et défaisant les moutures de textes, cherchant des cohérences et s'efforçant de rattraper le retard de l'Eglise institutionnelle dans son appréhension d'un monde profondément bouleversé depuis 1870. L'Eglise se plaît à insister sur la nécessité de comprendre les textes conciliaires dans le mouvement de la tradition historique de l'Eglise. Il n'en reste pas moins qu'ils sont habités en même temps d'un esprit de novation. L'aggiornamento, selon la formule de Jean XXIII, la mise à jour. Nombre de décisions ont modifié la pratique cultuelle et l'organisation pratique des choses. La façon de dire la messe, l'existence de diacres permanents,  le travail collectif des prêtres et des évêques... Mais tout cela renvoie à des conceptions de fond. Quatre constitutions furent adoptées : sur la liturgie, sur la foi, sur l'Eglise, sur l'Eglise dans le monde de ce temps. Il faut y adjoindre neuf décrets, sur la formation des prêtres, sur la charge des évêques, sur l'apostolat des laïcs, sur l'oecuménisme... Ainsi que trois déclarations, sur l'éducation chrétienne, sur la liberté religieuse et et sur les relations avec les religions non chrétiennes. 

La Constitution Gaudium et Spes commence sur ce propos : "Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire." L'Eglise réaffirme donc sa vocation à être dans le monde et non pas à côté. Cette conception des choses s'articule avec la reconnaissance de la place des laïcs, qui sont à égalité et dont la vie et les engagements sont autant de manifestations pour l'Eglise de l'amour de Dieu pour l'humanité. Cet ensemble de choses, comme la conception-même du concile ont conduit ses détracteurs à accuser les "Pères conciliaires" d'avoir sapé les fondements de l'autorité de l'Eglise et du dogme catholique. Et pourtant, il s'est également agi de remettre les textes bibliques et les Evangiles au coeur de la pratique chrétienne. Il serait trop long ici de développer tous les attendus de l'oeuvre conciliaire. Mais la réflexion produite sur la liberté religieuse acte une nouvelle relation au pouvoir, dont on peut dire qu'elle a à voir avec la laïcité ou plus exactement avec un mouvement de laïcisation dont l'Eglise elle-même ne peut s'abstraire. Citons également les rapports nouveaux aux autres chrétiens, non sans lien avec cette conception des choses. A ce propos, il est intéressant de noter l'appréciation délivrée voici quelques mois par le Pasteur Claude Baty, président de la Fédération Protestante de France : "Les Églises protestantes, particulièrement en France, ont perçu Vatican II comme l'ouverture de l'Église catholique romaine aux autres Églises et communautés chrétiennes. Cette ouverture a été marquée symboliquement par l'invitation d'observateurs qui ne sont pas restés, me semble-t-il, longtemps de simples observateurs mais qui ont été de vrais témoins. Il y a donc eu dès le départ une ouverture confiante qui, à nos yeux, marque nos relations jusqu'à aujourd'hui."

Il y aura des manifestations au mois d'octobre et novembre autour du cinquantième anniversaire. Pour tout dire, Vatican II n'est sans doute pas un aboutissement en soi, mais il portait les germes d'une autre Eglise que celle qui fut la béquille des puissants des siècles durant, oubliant un peu la modestie de ses origines. Mieux, il lui donnait les moyens de changer. Du point de vue politique, cette Eglise là nous intéresse, parce qu'elle se préoccupe de la dignité humaine et pas de prendre le pouvoir sur les consciences et les institutions. Le retour des intégristes et le cortège de réflexes qui l'accompagnent ne sont pas des signes annonciateurs qui nous rassurent. Ils sont la manifestation d'un projet politique que nous combattons, celui d'hommes et de femmes soumis, à l'ordre des choses, à une morale discutable, à une vérité absolue, au pouvoir de quelques uns. Reparlons de Vatican II !

Un numéro spécial de La pensée : La revue La Pensée, dirigée par Antoine Casanova et éditée par la Fondation Gabriel Péri publie au mois de septembre un numéro spécial sur le concile de Vatican II donnant la parole à de nombreux intellectuels dans la diversité. Renseignements sur le site Internet de la Fondation.

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