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Grand Conseil de la Mutualité. Recul du Gouvernement

300 personnes se sont mobilisées pour défendre le réseau sanitaire mutualiste des Bouches-du-Rhône. Selon la délégation reçue en préfecture, le ministère donne les pleins pouvoirs à la mutualité.

Face à l'hypothèse d'une liquidation du Grand Conseil de la Mutualité, 300 personnes, des salariés du GCM et de la Mutuelle France Plus, des syndicalistes, des usagers, des représentants des comités de soutien, élus locaux, se sont rassemblés hier devant la préfecture. L'objectif était simple rappeler le Gouvernement à ses responsabilités puisqu'il s'agit tout de même d'un réseau sanitaire de 200.000 usagers et de 1.050 salariés.

Sans cacher son désappointement et sa colère, nichée jusqu'au fond des tripes, Hélène Honde, Secrétaire générale CGT employés et techniciens du GCM a pris le micro au sortir de la Préfecture où une délégation de huit personnes avait été reçue par deux représentants de l'Agence régionale de santé Paca. « Le gouvernement a donné les pleins pouvoirs à la FNMF (Fédération Nationale de la Mutualité Française). Alors, je réitère notre proposition de rencontrer toutes les mutuelles du département en urgence pour que la voix des salariés soit entendue et qu'on se mette autour de la table pour créer les conditions de la pérennité. Nous n'avons pas à choisir entre le Plan de sauvegarde pour l'emploi ou la liquidation, on peut préserver tous les emplois ».

Revirement du ministère

Anne-Marie Meynard (UD CGT) l'avait précédée, tout aussi estomaquée : « Nous avions raison d'avoir tout à craindre d'être reçus par l'ARS. Aucune réponse n'a été apportée et celui qui nous a reçus n'avait aucun mandat de la Ministre. On nous demande de signer le Plan de sauvegarde de l'emploi de la direction. Il faut qu'on soit mobilisés car c'est tout l'avenir du département qui est en danger ».

Que signifie ce revirement ? La Ministre de la Santé, Marisol Touraine, dans un courrier du 30 mai jugeait « indispensable » d'associer les salariés au « processus de décision » enjoignant l'ARS d'organiser « une réunion » : la table ronde du 7 juin en présence de la direction du GCM, des collectivités territoriales, des Maires concernés par l'implantation d'un centre médical et les syndicats CGT, des médecins et des chirurgiens dentistes. Les 28 propositions du CE allaient enfin arriver sur le bureau du cabinet de la ministre et un calendrier de rencontres pilotées par l'agence devait être élaboré… Depuis plus rien, ou presque.

A y regarder de plus près, tout était écrit et négocié de longue date. Le communiqué de presse de l'ARS du 7 juin ne disait pas autre chose que ce qui est demandé aux salariés aujourd'hui. Le directeur général, Dominique Deroubaix invitait « direction et personnels » à « une mobilisation importante afin de mettre en œuvre le plan de redressement proposé ». Une dépêche AFP avait noté la contradiction : le plan étant celui que « critiquent précisément les salariés ». Enfonçant le clou, l'Agence jugeait que cette position serait de nature à placer l'entreprise dans une dynamique « vertueuse » et « non fondée sur les seules subventions ponctuelles qu'il pourrait percevoir ».

Cinq mois après l'espoir de changement, faut-il comprendre que les Bouches-du-Rhône resteront marquées du sceau du précédent Gouvernement ?

Marie-Françoise Palloix, élue communautaire PCF a tenu à replacer l'enjeu : « Il est inacceptable de renvoyer une mission régalienne sur la mutualité d'autant qu'il s'agit d'un réseau sanitaire reconnu d'utilité publique. L'État doit assumer ses responsabilités ». Propos auxquels a souscrit sans ambiguïté Marcel Touati, responsable santé au PCF 13. Le 40e congrès de la Mutualité Française, juste avant l'audience cruciale du 23 octobre apportera sans aucun doute un éclairage.

Nathalie Fredon (La Marseillaise, le 21 septembre 2012)

Ils se battent pour le droit à la santé pour tous

« Attachés à notre mutuelle »

Olivier Leberquier, délégué syndical CGT de Fralib, rappelle qu'en 2010, « un premier conflit avait éclaté avec notre direction pour des questions de salaires mais aussi pour le droit de pouvoir conserver la mutuelle que nous avions choisie. Alors que la direction avait décidé de prendre en charge totalement les frais de mutualisation, mais avec l'organisme de son choix, nous avons préféré avoir un droit de regard sur le type de couverture de santé que nous souhaitions. Nous avons eu gain de cause et c'est aussi pourquoi nous sommes ici aujourd'hui. Les œuvres sociales mutualistes doivent être sauvées ».

« Une expérience irremplaçable »

Pour Marie-Françoise Palloix, élue communiste des 7e et 8e arrondissements, « le Ministère de la Santé et le Président de la République, doivent prendre l'entière mesure de ce que représente l'expérience mutualiste dans le département. Songez qu'à Port-de-Bouc, ce sont plus de 75% de la population qui se soignent au centre de santé mutualiste. L'État doit intervenir et faire un acte fort pour maintenir ce système, avec les collectivités locales. Nous savons qu'il faut que l'activité soit rentable, mais il faut en premier lieu conserver l'existant, même si nous devons réfléchir à faire émerger des activités lucratives ».

« Le rôle majeur de l'État »

« La menace de liquidation qui pèse sur le centre de santé mutualiste de Martigues est inacceptable ». Christian Agnel, Maire adjoint de cette commune de l'ouest du département, rappelle que « 25.000 personnes se soignent dans cet établissement où tout le monde est accueilli, mutualistes comme non mutualistes. Les mutuelles ne peuvent à elles seules en supporter le coût Il est donc temps que l'État prenne enfin toutes ses responsabilités et participe effectivement au financement du secteur de santé pour sauvegarder un système qui permet l'accès aux soins à tous ».

« Pérennisation de l'activité »

Isabelle Pasquet, Sénatrice communiste, se dit quant à elle « très surprise par la décision de l'administrateur et surtout par l'absence d'intervention du Gouvernement ; et ce alors que plusieurs élus de toute obédience politique sont déjà intervenus pour rappeler l'utilité publique de réseau mutualiste dans notre département. Notre groupe au Sénat soutiendra l'urgence de la pérennisation de l'activité et le déblocage par le Ministère de la Santé d'un fonds d'urgence. Mais il faut une réforme en profondeur du financement de la sécurité sociale et de son fonctionnement ».

« Une situation particulière »

« J'ai connu beaucoup d'anciens qui ont contribué à la création du Centre de santé de Port-de-Bouc ». Christine Tisseyre, responsable de l'Union locale CGT, se souvient « des dockers et des médecins » qui en sont à l'origine. « Aujourd'hui la structure est fondamentale dans cette commune ouvrière. En effet, Port-de-Bouc est éloignée de plus de quarante kilomètres des autres structures de santé publiques aux alentours. Pour l'instant, on a la très désagréable impression que la santé n'est pas une priorité pour le Gouvernement et même qu'il n'est pas défavorable à voire disparaître ce genre de structures ».

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