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Elections législatives. « Il serait anormal de ne pas avoir de Groupe du Front de Gauche »

 
 

Désavantagé par le mode de scrutin et le calendrier électoral, le Front de Gauche se retrouve pas son importance sur le terrain traduite dans les urnes.

Cela sent un peu la gueule de bois. Après avoir été « sonné » par le cas Jean-Luc Mélenchon qui n'a pas pu gagner son pari face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, le Front de Gauche voulait encore regarder, hier, les aspects positifs de ce premier tour des Législatives. En premier lieu, un score honorable (7%) qui s'il est loin des 11 % réalisé à la Présidentielle n'en reste pas moins en progression par rapport à 2007, qui place la formation comme deuxième force de Gauche en France, devant Europe Ecologie Les Verts et qui atteste d'un réel ancrage dans le paysage politique. D'autant que le mode de scrutin et le déroulement des élections (Présidentielle puis Législatives) expliquent assez facilement le vote utile en faveur du Parti socialiste.

Cependant les faits sont aussi têtus que les chiffres. Pour peser comme il l'entend sur la politique du gouvernement Hollande et lui donner l'impulsion radicale nécessaire, le Front de Gauche a besoin d'un Groupe. Or, il faut 15 députés pour constituer ce Groupe. Or, les analyses détaillées du premier tour se révèlent assez inquiétantes. Certes, tout n'est pas encore joué. Mais les sondeurs disposent d'outils pour réaliser des projections en terme de sièges dans la future assemblée. Des projections qui vont de 13 à 20 sièges selon les cas. Même en option basse -13 sièges- cela resterait encore jouable puisque le troupe pourrait aussi compter sur le Député du Mouvement Indépendantiste Martiniquais, Alfred Marie-Jeanne actuellement en ballotage  avec un socialiste qu'il devance d'un point, et sur la Députée réunionaise DvG, déjà réélue, Huguette Bello. Deux personnalités avec lesquels le Groupe communistes et apparentés avait déjà travaillé durant la précédente mandature.

« Selon une source au PCF »

Mais, « selon une source au PCF » pour reprendre la formule consacrée, le Front de Gauche s'orienterait davantage vers 11 Députés. De fait, six Députés sortants doivent céder la place à des candidats socialistes ayant bénéficié de « l'effet Hollande » et réalisants de meilleurs scores. Sans compter ceux déjà mis hors-jeu. Des pertes que les rares « nouveaux venus » Front de Gauche ne peuvent pas contrebalancer.

Une situation inquiétante donc, comme l'atteste la prise de parole réalisée hier matin par Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti Communiste Français. « Même si nous sommes un peu en dessous des quinze Députés nécessaires pour constituer un Groupe, il faudra modifier le règlement pour que nous puissions avoir un groupe à l'Assemblée » a t-il anticipé. Celui qui est aussi Président du Conseil national du Front de Gauche a ensuite développé : « Il serait tout à fait anormal, vu ce que nous représentons à l'élection présidentielle et à nouveau dans cette élection, que la voix du Front de Gauche ne puisse pas se faire entendre à l'Assemblée Nationale à travers un Groupe ». Avant d'insister : « vu ce que nous pesons dans la majorité, nos idées vont être indispensables à la réussite de la Gauche ».

Encore une fois, tout n'est pas joué. Si une majorité absolue pour le PS ne sort pas des urnes dimanche prochain, le gouvernement Hollande aura besoin de ses alliés à Gauche pour gouverner. Sans oublier enfin une dernière inconnue : la participation. Celle-ci, très faible au premier tour, laisse croire à un potentiel encore mobilisable.

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 12 juin 2012)

Etat des lieux après scrutin

Résultats. 9 députés déjà hors jeu, 9 en position favorable.

Dans l'assemblée en cours de renouvellement, le groupe comptait 19 membres : 13 Députés communistes et apparentés, 3 du FASE (Fédération pour une Alternative sociale et écologique) et 3 du Parti de Gauche. Seuls 18 sont en jeu puisque la circonscription de Daniel Paul a fusionné avec celle de Jean-Pierre Lecoq dans la Seine Maritime.

Trois sont déjà hors jeu: deux du Parti de Gauche, Martine Billard à Paris et Jacques Dessalangre dans l'Aisne qui a soutenu une candidature contre celle présentée par le Front de Gauche, Jean-Luc Lanouilh et Michèle Picard succédant à André Gérin dans le Rhône. Neuf candidats sont en position favorable, arrivés en tête devant un candidat socialiste ou UMP : François Asensi des Haut-de-Seine, Alain Bocquet et Jean-Jacques Candelier dans le Nord, André Chassaigne dans le Puy-de-Dôme, Jacqueline Fraysse dans les Hauts-de-Seine, Nicolas Sansu prenant la suite de Jean-Claude Sandrier dans le Cher, Gaby Charroux qui assure le relais de Michel Vaxes dans les Bouches-du-Rhône, sans oublier Marc Dolez du PG et Marie-George Buffet en Seine-Saint-Denis. L'ancienne Ministre communiste qui, avec ses 33,64 %, devance de trois points la socialiste Najia Amzal (30,49%) dans le département qui a le plus voté Hollande à la Présidentielle en métropole (65,32%) tout en accordant aussi 17% à Jean-Luc Mélenchon.

Viennent ensuite tous les cas difficiles de Députés sortants Front de Gauche ayant réalisé de bons scores mais qui n'ont pu résister à la vague Hollande et arrivent donc derrière le candidat socialiste. Or, la règle républicaine est ici très claire : désistement au profit du candidat de Gauche en tête.

A 783 voix près

Il en va ainsi pour Jean-Pierre Brard qui a 4 points de retard sur le socialiste Razzy Hammadi ou encore pour Patrick Braouezec qui se voit distancé de 5 points par le PS Mathieu Hanotin. Roland Muzeau connaît la même situation dans les Hauts de Seine avec 29,76% contre un PS à 32,51%. Tout comme Jean-Pierre Lecoq au Havre, même si l'écart n'est que de 783 voix avec une candidate socialiste. Idem pour Pierre Gosnat, le dernier Député PCF du département, où le Conseil Général est l'un des seuls dirigés par les communistes en France. Dernier exemple, celui de Marie-Hélène Amiable à Montrouge qui à 0.73 points près, se retrouve derrière la candidate socialiste.

Face à cette situation, rares sont les « nouveaux venus ». Patrick Carvalho va porter les couleurs du Front de Gauche au second tour à Compiègne Nord dans l'Oise, dans une triangulaire qui l'opposera à un candidat FN et UMP Il pourra compter sur ses 23,14% mais aussi sur les 20,49 % du candidat MRC. Autre candidat à pouvoir se maintenir, Fabien Thiémé à Valenciennes. Mais, malgré ses 24,33%, ses chances sont assez maigres face à… Jean-Louis Borloo, élu Député depuis 1993 et recueillant 42,99% des voix.

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