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Abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel. Déclaration d’Evelyne Santoru-Joly

 
 

Au nom des élus du groupe communiste au Conseil Général des Bouches-du-Rhône

Je suis vraiment scandalisée de voir une fois de plus les droits des femmes bafoués. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy nous y avait pourtant bien habitué ! Mais peut-on s’y résigner quand sous ce gouvernement, le Conseil Constitutionnel, à deux jours du 2ème tour des élections présidentielles, abroge purement et simplement une loi vieille de 20 ans sur le harcèlement sexuel !!!

NON ! D’autant que l’ensemble du mouvement féministe n’a eu de cesse depuis son adoption en 1992, d’alerter sur les imprécisions du texte et le risque de le voir abroger. Voilà qui est fait aujourd’hui suite à une question prioritaire posée au Conseil Constitutionnel par Le Député UMP G. Ducray.

Les politiques, amis de Monsieur Sarkozy auraient-il plus d’influence que les féministes et surtout plus que les femmes victimes ?

Aujourd’hui, le vide juridique est si grand que de nombreux dossiers vont rester sans réponse, sans parler des nombreuses plaintes déposées qui n’ont pas eu suite. Et toutes les affaires pour lesquelles les victimes n’ont pas fait le pas de déposer plainte… On le sait, rompre le silence des victimes de violences passe par un travail de longue haleine de sensibilisation. Un long chemin d’accompagnement des victimes a été et est toujours nécessaire pour qu’elles ne se sentent plus coupables, pour qu’elles n’éprouvent plus ce sentiment de honte qui les envahit toutes, pour qu’elles prennent confiance en elle, en la société.

Que va –t-il rester de tout cela face à ce grave danger qu’est le vide juridique que cette décision permet ?

Que va-t- il rester de tout cela face à l’impunité des agresseurs ?

L’ensemble des féministes, Hommes et femmes, les victimes attendent beaucoup du nouveau gouvernement qui va être désigné.

Cette décision honteuse, favorisant l’impunité des harceleurs, doit impérativement servir de point d’appui à une réforme législative urgente et cohérente, préludant une loi-cadre contre toutes les formes de violences globale, accompagnée des moyens de son application à égalité sur l’ensemble de notre pays.

Il y a urgence, nous ne pouvons rester 6 mois sans cadre juridique !! Avec les associations, j’en appelle à notre nouveau Président de la République.

Evelyne Santoru-Joly,  Conseillère Générale - Déléguée des Droits des Femmes

Marseille, le 10 mai 2012

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