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Front de Gauche. Le terrain pour enrichir le programme

A Gardanne, syndicalistes, salariés du public et du privé ont fait vivre le Front des luttes. Une dynamique qui ne se limite pas aux seules échéances électorales.

« Créer de la durée. » Peut-être les trois maîtres mots de la raison d'être du Front de Gauche et de sa structure essentielle, le Front des luttes. Non pas une simple, « combinaison » électorale au caractère provisoire mais une autre manière de faire de la politique. En remettant les choses à l'endroit en quelque sorte. Contrairement à ce qui se passe dans la quasi-totalité des formations politiques, ce n'est plus la tête qui prend les décisions mais la base, les salariés des entreprises privées comme publiques. C'est leur vécu, leur expérience, leurs résistances qui sont le véritable ferment de la dynamique enclenchée et qui enrichit le programme porté par Jean-Luc Mélenchon. Une dynamique que l'on veut voir enfler bien après les rendez-vous électoraux de la présidentielle et des législatives.

L'air nouveau de la Bastille

Ce sont ces paroles dont résonnait avant hier soir la Maison du peuple de Gardanne. Les paroles des salariés de Fralib et celles des enseignants, des cheminots et des postiers, des chercheurs, des animateurs des centres mutualistes, tous engagés dans la lutte syndicale. Un échange autour de quatre problématiques : l'ambition industrielle, la place des Services Publics, la valeur travail et les droits nouveaux à conquérir par les salariés. « Le Front de Gauche que nous voulons, c'est celui qui donne toute sa place aux représentants des mouvements sociaux », s'exclame Rémi Jean, représentant de la Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique, l'une des composantes du Front de Gauche. Qui invite à prendre le pouvoir dans les urnes comme dans la rue et « sache faire la liaison entre le mouvement social et politique », reprend un enseignant. Un front qui rehausse le niveau de la campagne électorale que Mireille Chessa, Secrétaire départementale de la CGT, estime « au rabais ». « Ce qui continue à préoccuper les gens, c'est bien les problèmes d'emploi, de pouvoir d'achat, les fermetures d'entreprises ou de classes… Alors que l'on n'assiste qu'à des contorsions gouvernementales pour faire oublier le bilan du quinquennat de Sarkozy, pour ma part, je n'aspire qu'à respirer l'air nouveau que j'ai senti lors de la marche sur la Bastille. L'espoir, il est porté par les lunes dans le département. Ce sont elles qui alimentent le contenu de la transformation sociale », souligne la responsable syndicale.

Comme la lutte des Fralib. «L'ambition industrielle, affirme Henri, salarié du site de Gémenos, elle est incarnée par la solution alternative que nous proposons pour que l'activité reprenne. Ce sont des entreprises rentables que l'on ferme aujourd'hui, alors les salariés ont besoin de nouveaux droits, comme un droit de veto accordé au comité d'établissement pour empêcher les fermetures abusives, les délocalisations. » Et Henri d'insister encore sur l'indispensable « influence de l'action syndicale et citoyenne sur l'action Politique ».

Former des citoyens éclairés

La désindustrialisation encore, évoquée par l'enseignant Alain Barlatier, qui relie la volonté d'une nouvelle politique industrielle à la force du Service Public. « L'un ne peut fonctionner sans l'autre. Le système éducatif est le seul à même d'assurer la formation des ouvriers, des techniciens et des ingénieurs. A contrario, ce à quoi l'on assiste, c'est à la diminution de la formation aux enfants de la classe ouvrière. Nous, nous avons la volonté de former des citoyens éclairés. » Une idée portée
aussi par Anne Mesliand, Conseillère régionale du Front de Gauche et candidate dans la 11e circonscription : « La réindustrialisation ne peut se passer d'une recherche forte, du développement des technologies. La recherche, qui représente pourtant un salariat important, est attaquée. Des laboratoires entiers, dans des domaines aussi divers que la santé, l'automobile, ferment leurs portes. »

Ces paroles et bien d'autres encore pour, en reprenant les mots du communiste Jean-Marc Coppola Vice-Président Front de Gauche du Conseil régional, « sortir de la pédagogie du renoncement. La dynamique enclenchée par le programme que nous partageons alimente les luttes et réciproquement Jean-Luc Mélenchon ne dit pas autre chose quand il déclare "ne porter que ce que les salariés et les citoyens portent eux-mêmes": un nouvel idéal républicain qu'incarnerait la VIe République, où les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité retrouveraient tout leur sens. »

Cette espérance, qu'illustrent bien la progression régulière dans les sondages du candidat du Front de Gauche et l'ampleur des foules qui ont participé à tous ses grands rendez-vous, à Lille comme à la Bastille, doit trouver une réponse concrète. Et nul doute que ce front des salariés se fera entendre encore dans les rues de Marseille le 14 avril.

Gérad Lanux (La Marseillaise, le 29 mars 2012)

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