Le Député PCF des Bouches-du-Rhône, Michel Vaxès, revient sur une proposition qu’il a faite dix ans avant François Hollande : supprimer la mention de la « race » de la Constitution.
Le candidat du Parti socialiste a récemment proposé la suppression du mot «race» de la Constitution. Une proposition qui réjouit le PCF. Car c’est un député communiste des Bouches-du-Rhône, Michel Vaxès, qui en avait fait la proposition… en 2003 ! Elle a été repoussée par la majorité de droite, il l’a réitérée à l’Assemblée nationale en février, bien avant que le candidat socialiste s’en saisisse. Il expliquait hier, lors d’une conférence de presse à Marseille, la force de cette proposition, « très importante parce qu’elle modifie le lexique juridique » et évite que le préjugé de langage devienne une appréciation juridique.
« Il faut faire un sort à cette idée répandue qu’il existe des différences anthropologiques entre les individus, martèle l’élu PCF. Ce sont les différences qui sont dues aux conditions sociales et politiques qui creusent les inégalités ! » Des scientifiques eugénistes ont depuis longtemps théorisé cette classification des races. Dans les années 1990, la Droite américaine avait déterré leurs écrits pour remettre au goût du jour la détermination biologique comme une exonération de la responsabilité des États à ne pas vouloir aplanir les inégalités. L’un des adeptes américains de cette théorie des races, Jared Taylor, était présent ce week-end à Paris, aux « assises de la France en danger » initiées par l’extrême droite.
« Ces théories sont plus vivaces lorsque nous vivons une crise que la main du marché peine à réguler », s’étonne Michel Vaxès, reprenant le paléontologue américain Stephen Jay Gould. Et de rappeler l’insistance de notre droite nationale à défendre cette notion : « En 1983, Anicet Le Pors l’avait bannie de la loi relative aux droits et obligations des fonctionnaires. Le Sénat l’a rétablie en 2001. Idéologiquement, ils y tiennent. » En 2003, lors du débat à l’Assemblée, le rapporteur UMP de la commission des Lois, Pascal Clément, révélait en une phrase l’étendue du gouffre entre libéraux et progressistes : « Nous sommes en 2003, pas en 2040. M. Vaxès est donc un peu en avance. » Sans blague…
Grégory Marin (L'Humanité, le 14 mar 2012)
le 16 mars 2012
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