À Marseille, le Front de Gauche et les syndicats se soulèvent contre « l’austérité » et prône une politique de « relance » qui passe par des investissements massifs dans le social. Si le programme est alléchant, le candidat Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon ne décolle toujours pas dans les sondages.
Réunis fin décembre sur le parvis de la préfecture, syndicats et politiques de gauche ont manifesté contre « les plans d’austérité ». Menés par le président Nicolas Sarkozy, ils ont pour objectif de réduire les 97 milliards de déficit budgétaire de la France et d’endiguer la crise de confiance qui touche l’ensemble des pays de la zone euro.
Les premières mesures de « rigueur », dixit le gouvernement, sont rentrées en vigueur début janvier. Tous les Fançais vont devoir mettre la main au porte-monnaie : 600 médicaments ne devraient plus être remboursés sur l’année 2012, la TVA à 5,5 % passe à 7 %, les mutuelles et la taxation sur les complémentaires santé augmentent.
Les hauts revenus de plus de 250 000 € sont taxés de 3 % et les retraites chapeaux le sont aussi à hauteur de 21 % sur les montants perçus supérieurs à 24 000 €. La perte du triple A, dernier rebondissement du week-end perpétré par l’agence Standard and Poor’s, engendrera probablement un 3ème plan d’économie… Mais après mai 2012, élections obligent, selon certains économistes !
Pour Jean-Marc Coppola, Vice-Président PCF de la région Paca, les diverses mesures prises par le gouvernement sont injustes. Et parachèvent le « bilan catastrophique de Nicolas Sarkozy » : 650 milliards de dette supplémentaires, plus de 9 % de chômage, 75 milliards de cadeaux fiscaux… Le député UMP Eric Diard riposte : « Le bilan n’est pas mauvais ! » Il s’explique par la crise économique « la plus grave depuis un siècle » et par la volonté du président de garder les riches et leurs capitaux en France.
SMIC : 1 700 euros brut !
Après quelques semaines de discrétion, Jean-Luc Mélenchon a réinvesti la scène médiatique sur les chapeaux de roues lors de l’émission Des paroles et des Actes, jeudi 12 janvier sur France 2. Le Front de Gauche, formation qui rallie le PCF, PG et la GU, se veut la seule « exception à l’austérité, prônée par tous les candidats ».
Jean-Luc Mélenchon veut « sortir la France de la crise par le haut » en investissant massivement dans le social, le tout financé par une profonde réforme fiscale. 195 milliards sont nécessaires pour financer le programme du Front de Gauche : Smic à 1.700 € brut, retour à la retraite à 60 ans, construction de 200.000 logements sociaux… Des mesures père Noël à moins de 100 jours des présidentielles ?
Le parti a prévu le financement de leurs ambitions : suppression des niches, augmentation de l’impôt sur le capital (impôt sur la fortune et succession), taxation des revenus du capital au même titre que ceux du travail mais aussi augmentation du nombre de tranches d’impôt qui passeraient de 5 à 14 tranches. Certains économistes restent néanmoins circonspects quant à la viabilité de ce plan de financement.
La sauce ne prend pas
L’alléchant programme n’enthousiasme pas aujourd’hui une grande majorité des Français. Les intentions de vote plafonnent entre 6% et 8%. Et les ouvriers, cœur de son électorat semblent se retourner vers François Hollande et Marine Le Pen. Selon un sondage IFOP-JDD du 8 janvier, 32 % des ouvriers voteront pour la présidente et candidate FN le 6 mai.
La perte du triple A de l’État braque les projecteurs sur la crise financière et ne devrait pas arranger les intentions de vote du candidat du Front de Gauche… « Si la crise continue, on peut prédire aux champions (ndlr : Nicolas Sarkozy, François Hollande) des scores assez considérables au premier tour. Si la situation par miracle s’améliore, l’électorat retrouverait son réflexe naturel de voter pour son candidat favori », note l’économiste Serge Schweitzer faisant référence au fameux « vote utile ».
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Après l’annonce de l’agence de la dégradation de la note de la France, Jean-Luc a aussitôt réagi sur son blog en déclarant « la guerre à la finance » et en appelant « chacun » à « choisir son camp sans tergiverser »… Réponse en mai prochain !
Coralie Mollaret (News of Marseille, le 17 janvier 2012)
L’actu en chiffres
8 millions. C’est le nombre de pauvres en France auxquels il faut ajouter 4 millions de chômeurs.
37,4 milliards. C’est le montant des dividendes versés aux entreprises du CAC 40 en 2011. Une légère baisse après les 40 milliards versés en 2010.
1 million. C’est environ le nombre de chômeurs en plus depuis 2007 en France. Le taux de chômage s’établissant à 9,6 % fin 2011.
15. C’est le nombre de candidats déclarés à la présidentielle de 2012.
6 %. Ce sont les intentions de vote que regroupe le candidat Jean-Luc Mélenchon pour 2012. Le candidat du Front de gauche est devancé par F.H, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et François Bayrou.
Source : Ifop, Candidats Répondez (Jacques Attali), Les Echos.
le 19 janvier 2012
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