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Mélenchon : « Donner un sens à la Gauche »

 
 

Présidentielle. Le candidat Front de Gauche estime que Sarkozy est le démolisseur de la France.

A un peu plus de 100 jours du premier tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, pousse un « cri d'alarme » pour l'affirmation d'une Gauche qui soit vraiment de Gauche. Entretien.

La Marseillaise. Quel bilan faites-vous du mandat de Nicolas Sarkozy ?

Jean-Luc Mélenchon. Sa victoire en 2007 n'était pas seulement la déroute de la Gauche organisée autour du PS. C'était un changement d'époque. Ca y est, il y avait le Thatchter français qui allait affronter l'Etat social né de la Libération. Et puis cet homme a été fauché par quelque chose à quoi il ne s'attendait pas : l'heure a sonné dans le monde de la fin du système libéral. Dès lors, ses vœux du premier janvier dernier sont la récitation d'un catéchisme libéral crépusculaire. Nicolas Sarkozy est le premier démolisseur de France.

La Marseillaise. Face à la crise de la dette, quelles mesures préconisez-vous ?

Jean-Luc Mélenchon. L'urgence c'est que la BCE prête directement aux Etats à 1%. Puis il faut briser les mécanismes spéculatifs. Et aussitôt il faut une harmonisation sociale et fiscale par le haut en Europe. Sinon où va-t-on ? Mauvais traitement des ouvriers, recul de l'Etat social, résultat : on vit déjà moins longtemps dans certains pays d'Europe dont l'Allemagne. Tout ça pour, à la fin, dire sa fierté "J'ai mon triple A, je suis une bonne andouillette de qualité".

La Marseillaise. Quels sont vos thèmes de campagne ?

Jean-Luc Mélenchon. L'idée centrale est le refus des politiques d'austérité et de l'Europe austéritaire qui est une vis sans fin. On ne sortira de la crise que par la relance de l'activité. D'abord avec un horizon commun de progrès : la planification écologique. Ensuite avec une méthode : le partage des richesses en taxant les revenus du capital comme ceux du travail. Ma campagne s'inscrit dans une perspective de longue durée, celle de la révolution citoyenne, avec deux mots d'ordre : résistez et prenez le pouvoir.

La Marseillaise. En pleine crise, vous proposez un Smic à 1 700 euros…

Jean-Luc Mélenchon. Augmenter le Smic, c'est la Gauche. Comment vivre avec mille euros ? C'est le cri d'alarme que je lance : si la Gauche ce n'est pas la retraite à 60 ans, l'augmentation des petits salaires et plus de démocratie, c'est quoi au juste ? Je suis le candidat de la Gauche traditionnelle. Je suis autant le candidat des électeurs socialistes que François Hollande et, à certains égards, davantage. Je rappelle aussi à ceux qui se veulent les héritiers de François Mitterrand qu'en 1981, on a augmenté très fortement le Smic. Quand on a un cœur et une tête socialistes, on est plus proches de Mélenchon que de Hollande, ils sont nombreux à me le dire. Il (Hollande, Ndlr) veut donner un sens à la rigueur, je veux donner un sens à la Gauche.

La Marseillaise. Finalement, c'est un bon concurrent dans la campagne que vous conduisez ?

Jean-Luc Mélenchon. Vous savez, sa ligne tournée vers Bayrou et les politiques centristes affaiblit toute la Gauche. Quand le candidat de Gauche qui est à 30% dans les sondages pense qu'il faut de l'austérité comme le candidat de Droite, les repères sont brouillés et pour nous le travail est plus difficile. L'arme de conviction massive des chefs socialistes c'est le trouillomètre du vote utile. Mais en toute hypothèse, il n'y pas de victoire de Gauche possible sans le Front de Gauche.

La Marseillaise. Comment entendez-vous lutter contre le Front national ?

Jean-Luc Mélenchon. Le Front de Gauche est la première force sur le terrain, avec une campagne d'implication et d'éducation populaire. La vérité est que le gros des milieux ouvriers de Droite est passé au FN. Les ouvriers UMP ont suivi les idées de leurs chefs en quelque sorte. Quant à Mme Le Pen (…) elle s'est autoproclamée représentante des préoccupations des travailleurs. Pourtant elle est contre l'augmentation du Smic, la retraite à 60 ans, le blocage des loyers et le pôle public financier. Les Le Pen restent les diables de confort du système.

La Marseillaise. Et le nucléaire ? que faut-il faire ?

Jean-Luc Mélenchon. Je suis partisan d'un référendum sur la question. Nous ne pourrons pas passer à côté du fait que tout le monde doit s'y mettre pour réfléchir et prendre une décision collective parce que, ou bien c'est très dangereux et on y laissera tous notre peau, ou bien ça ne l'est pas et ce serait un gâchis de tout arrêter.

Il faut pouvoir en débattre sans esprit dogmatique et sans invective.

La Marseillaise, le 5 janvier 2012

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