Rapport 8 : Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles
Ce Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles pour les années 2011-2015 représente un enjeu important pour des milliers d’habitants de notre région et tout particulièrement pour la jeunesse.
Je voudrais tout d’abord saluer le travail qui a conduit à l’aboutissement de ce CPRDFP.
Je tiens à souligner à la fois la qualité de la démarche d’élaboration et le résultat qu’elle a permis d’atteindre.
Pour avoir assisté à plusieurs réunions du groupe multipartite, je peux témoigner de la qualité des échanges et des contributions, de la confrontation d’idées des partenaires sociaux dans leur diversité.
Avec ce CPRDFP, nous avons commencé à initier de nouvelles pratiques de la démocratie qu’il nous faut poursuivre et amplifier.
La formation professionnelle est certes une compétence obligatoire de la région, mais elle est totalement dépendante du contexte national de régression sociale mis en œuvre par le gouvernement.
Au moment où les partenaires sociaux étaient autour de la table pour répondre aux besoins de formation de notre Région, ce sont près de 11 000 postes qui ont été supprimés dans l’Education Nationale et tout particulièrement dans les lycées professionnels et technologiques.
Au moment où les partenaires sociaux travaillent dan le cadre du CPRDFP pour répondre aux besoins de formation, les annonces de fermeture d’entreprises notamment les entreprises industrielles sont quasi-quotidiennes ; Fralib, LyondellBasell, Continentale Nutrition, Rio Tinto pour ne citer que celles-ci, avec plus de 1000 hommes et de femmes qui risquent de perdre leur emploi.
Le Ministre Xavier Bertrand se targue régulièrement de la baisse du taux de chômage. Mais dans notre région, il s’élève à 10,6%, et dans le même temps, le temps partiel et les CDD ne cessent de progresser.
Par ailleurs, l’Etat se défausse de plus en plus sur les collectivités territoriales et les syndicats professionnels pour former les salariés dont l’économie a besoin, la réforme des bacs professionnels en est une illustration, comme la volonté de transférer sur l’apprentissage une partie de la formation initiale précédemment assurée par l‘Education Nationale.
Le gouvernement pousse le cynisme jusqu’à prendre dans la poche des partenaires de la formation, comme il l’a fait cet été, en ponctionnant plus de 300 millions d’euros dans le fond de sécurisation des parcours professionnels, fond paritaire sur lequel il n’a pourtant aucun droit.
Le groupe Front de Gauche rejette la revendication de l’ARF de voir attribuer aux régions la compétence sur la totalité de la formation professionnelle initiale.
C’est bien une autre conception de la formation professionnelle que la Région entend mettre en œuvre avec ce CPRDFP. Ce document affiche l’ambition de répondre aux besoins de notre jeunesse en matière de formation et d’emploi, aux exigences du développement solidaire et durable de notre région et de ses territoires.
De ce point de vue, l’accès à la qualification et leur reconnaissance est centrale, de même que la réponse aux besoins sociaux et aux besoins liés au développement économique des territoires.
Je voudrais insister sur un point du CPRDFP ; celui des conditions de vie décentes pour les usagers de la formation. C’est une condition centrale de la réussite des parcours. Pour les salariés, pour les jeunes, pour les privés d’emploi, la formation doit être une chance. C’est pour cette raison que santé, logement, mobilité, rémunération des stagiaires, sont des enjeux auxquels la Région doit répondre pour contribuer à l’égal accès de tous à la formation. Construire un statut des stagiaires de la formation professionnelle est un défi majeur pour contribuer à la réussite de la qualification.
Je voudrais de ce point de vue saluer les démarches engagées pour impliquer les stagiaires à devenir davantage acteurs dans les dispositifs régionaux avec notamment l’aide à la formation des délégués stagiaires.
Avec ce CPRDFP, la Région affirme sa volonté de contrebalancer les effets dévastateurs des évolutions de la formation vers sa marchandisation et sa mise en concurrence en s’engageant dans un service public de la formation professionnelle.
Nous voterons favorablement ce CPRDFP.
le 23 octobre 2011
Il y a actuellement 0 réactions
Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.