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Le cahier du militant : L'énergie

 
 

Sommaire :

  • Intro
  • Besoins, ressources et enjeux d’une politique énergétique (J.C. Cauvin)
  • Quelle politique énergétique (L. Foulquier)
  • Séminaire sur l’énergie (05 Mars 2011)
  • Atelier université d’été 2011 (V. Gonvalves)
  • Annexes
Le 19 octobre 2011

INTRO

Parce que le climat et énergie sont intimement liés et les enjeux sont planétaires que le débat sur la politique énergétique doit être axé sur la croissance de la demande énergétique et la réduction des inégalités sociales et économiques entre les peuples du monde entier et sur une vraie protection de l’environnement. Au même titre que l’accès à l’alimentation ou la santé, le droit à l’énergie est un élément déterminant pour l’émancipation et l’épanouissement des peuples, pour la réduction des inégalités. C’est une exigence moderne pour les communistes ! Pour asseoir leur développement économique, les pays les plus riches se sont appuyés majoritairement sur les ressources fossiles. Il en va donc de la responsabilité de ces pays, qui ont massivement utilisé ces ressources, de donner la priorité à d’autres modes de production d’énergie dont ils maîtrisent les technologies, d’investir beaucoup plus massivement dans la recherche pour obtenir des modes de production plus respectueux de la planète, de mettre en place de vrais plans d’économie et d’efficacité énergétiques. Il reste urgent d’effectuer les transferts technologiques et de brevets nécessaires afin de permettre un développement humain durable respectueux de l’environnement pour les pays en développement et les pays pauvres. Sachant que les ressources fossiles sont limitées. C’est dès aujourd’hui que la raréfaction du gaz et du pétrole a des conséquences importantes. Elle conduit à l’exploitation complexe de gisements d’accès difficiles dans des conditions douteuses (gaz de schistes). Mais surtout elle est source de crises et de tensions au niveau international pouvant déboucher sur des conflits armés (de la Libye à l’Irak en passant par l’Afghanistan).C’est dans ce contexte que nous abordons le débat sur l’énergie d’autant que lors de l’élection présidentielle et des élections législatives de 2012, il sera question de politique énergétique. Cette soirée d’étude essayera d’en donner des clés de lecture pour la bataille que nous avons à mener. Sans nier que nous avons des divergences, entre nous mais aussi au sein du programme partagé avec nos partenaires au sein du Front de Gauche Ces divergences ne devront pas être gommées bien au contraire car c’est dans un débat contradictoire franc et objectif que nous avancerons, en éclairant mieux les citoyen(ne)s. Celui-ci doit prendre en compte les aspects sociaux, économiques et environnementaux. Rencontre de Gardanne du 16 juin 2011 Besoins, ressources et enjeux d’une politique énergétique par J.C. Cauvin L’énergie c’est la vie Qui n’a jamais entendu cette expression qui traduit le fait qu’incontestablement, l’énergie est un élément de base du développement humain. Elle a été au cœur de la révolution industrielle. Vous êtes bien placé à Gardanne pour savoir le rôle jouaient par les mineurs dans le redressement de la France à la sortie de la deuxième guerre mondiale. Elle est aujourd’hui un produit de première nécessité comme l’air et l’eau. Sans le droit à l’énergie, il n’y a pas de droit d’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé, aux télécommunications, à la culture... : Le droit à l’énergie doit devenir un droit universel. Cette donnée de base est à conjuguer avec un système en crise profonde. Pour se perpétuer, il est à la recherche permanente de nouveaux marchés, il s’enfonce dans un logique productiviste loin des besoins des hommes, il exacerbe les inégalités mondiales, il pille les ressources de la planète. C’est ainsi qu’aujourd’hui énergie et développement cohabitent avec explosion démographique, gâchis, pauvreté, faim dans le monde, détérioration de l’environnement... La réponse à ces défis du XXIème siècle met à l’ordre du jour le dépassement du capitalisme. La construction d’une politique énergétique nationale ne saurait être confinée à un égocentrisme national inadapté. Elle doit prendre la mesure des enjeux mondiaux auxquels nous sommes confrontés et se fixer l’objectif de répondre aux besoins humains planétaires dans le cadre d’un développement durable. Développement durable Cette notion de développement durable est une notion récente qui a vu le jour la première fois dans un rapport de l’ONU de 87. Il s’agit de « promouvoir un développement qui réponde aux besoins des hommes d’aujourd’hui sans compromettre ceux des générations futures ». Notons bien qu’il y a dans ce concept le double aspect de durable et de développement et lorsqu’on parle de développement, il s’agit bien entendu du développement humain et non de je ne sis quel développement financier. Les tenants du libéralisme se sont emparés de ce concept de développement durable pour faire de la bataille pour l’environnement un nouveau marché. Faudrait-il alors, parce que le grand capital tente de le récupérer, l’abandonner au profit d’un combat pour la croissance zéro voire la décroissance comme le proposent certains ? Le remède serait pire que le mal. De même que la croissance capitaliste, tournée vers la production de valeurs marchandes et la recherche d’une rentabilité financière, est synonyme de profondes inégalités de développement, la décroissance capitaliste ne ferait qu’accroître les inégalités existantes. N’est ce pas ce que nous vivons aujourd’hui avec une croissance atone et des gains de productivité mis au service des actionnaires : c’est l’explosion des bénéfices et des profits des entreprises du CAC 40 qui se nourrit des coupes dans les salaires, de la remise en cause du droit du travail, des restructuration et de la casse des emplois ... Ce qu’il nous faut c’est inverser cette logique pour mettre les gains de productivités aux service des hommes. A la rentabilité financière opposons l’allégement de la peine des hommes et les économies de ressources, à l’économie compétitive opposons la production de biens et de services socialement utiles, à la concurrence opposons la solidarité et la coopération. Les besoins en énergie Ces besoins sont à prendre en compte d’un triple aspect. Il s’agit bien sûr des besoins nationaux :

  • les inégalités en terme de solvabilité sont indignes de notre époque. Savez vous qu’il y a 100 000 coupures d’électricité tous les ans et qu’il en est de même pour le gaz. Plus généralement 3,4 foyers, soit environ 10 millions de personnes sont en précarité énergétique.
  • Sans compter la réalité d’une production industrielle atone. Il est plus que temps de prendre à bras le corps cette question d’une politique de relance d’une production industrielle nationale qui nécessitera bien entendu plus d’énergie.
Mais il s’agit aussi des besoins internationaux : Le fossé entre les pays riches et les pays pauvres se creusent tous les jours : 1 milliard de personnes souffrent de malnutrition, 1,6 milliard n’ont pas accès à l’électricité, 3 milliards d’être humains vivent en 2011 avec moins de 2 dollars par jour, il y a un facteur 13 entre la consommation moyenne d’un américain du nord et celle d’un africain ou un facteur 5 avec celle d’un chinois... Les pays en développement ne peuvent élever leur niveau de vie qu’en augmentant leur consommation d’énergie Enfin, tout ceci est à examiner sur le long terme : D’abord car les décisions qui se prennent aujourd’hui dessinent le paysage politique de demain.
  • Mais aussi car nous devons anticiper une croissance démographique qui devrait être de 3 milliards de personnes supplémentaires d’ici 2050
  • Et enfin car nous devons nous inscrire dans une gestion des ressources et de l’environnement
On le voit, développés dans le temps et dans l’espace, les besoins en énergie sont immenses. On peut estimer que la production d’énergie mondiale devrait doubler d’ici 2050. Comment répondre aux besoins ? Les ressources naturelles disponibles aujourd’hui sont pour l’essentiel :
  • Les ressources fossiles (charbon, gaz, pétrole et uranium) dont nous savons par définition qu’elles sont limitées.
  • Les énergies renouvelables avec en tout premier l’énergie hydraulique qui est sans doute une des plus intéressantes actuellement, bien entendu le solaire et l’éolien mais qui sont à faible densité et intermittent, et aussi d’autres source telles que la géothermie, les marées motrices ou l’hydraulien qui en sont à leurs balbutiements.
Mais quelle que soit l’origine, pour être consommée, l’énergie doit être produite. Cette évidence me conduit à trois remarques : 1. Toutes les formes d’énergie, qu’elles soient thermiques, électriques ou chimiques, ne répondent pas ux même usages et ne sont pas interchangeables. Actuellement en France la consommation se réparti en 31% transports, 26% industries et agricultures, 41 tertiaires et ménages (monde : T=27%, 1:30%, M et T = 37%). Toutes réflexions doit prendre en compte les spécificités de chaque poste de consommation. 2. L’électricité, qui est la forme la plus élaborée, est susceptible de répondre à des usages multiples. Compte tenu de cette souplesse d’utilisation, elle est incontestablement appelée à se développer. Elle est notamment appelée à jouer un rôle premier sur la question des économies d’énergies. Ainsi par exemple le développement des transports collectifs, du ferroutage ou de la voiture électrique nécessitera plus d’électricité. Il en est de même avec le développement des pompes à chaleur... Les limites de son extension tiennent d’abord dans le fait qu’aujourd’hui nous ne savons que très partiellement la stocker. Diverses voies sont ouvertes : batteries, pompage -returbinage... La voie de l’hydrogène - qui n’est pas une ressource en soi mais un vecteur d’énergie qui peut être transporté et stocké - semble une voie intéressante... sous réserve de le produire à l’aide d’une source d’électricité. 3. Toute production doit gérer ses risques et ses contraintes La liste est longue des drames et des accidents qui jalonnent la production énergétique : les coups de grisou dans les mines, les déplacements de population pour les barrages, les marées noires avec le pétrole, les accidents nucléaires... Mais cette question est loin d’être une question technique. Si la filière bois est aujourd’hui la plus meurtrière, c’est bien parce que les conditions d’exploitation des forêts en Afrique sont catastrophiques. La question qui est posée est essentiellement celle des rapports dans la production : rapport des hommes à leur travail, rapport des hommes entre eux. Cette gestion des risques s’accommode mal (et c’est un euphémisme) de la recherche permanente de la baisse des dépenses dans la sûreté et dans les hommes. Sans préjuger des enseignements techniques qui devront être tirés de l’accident de Fukushima, nous ne pouvons qu’être conforté sur la nécessité de placer le nucléaire sous maitrise publique et, à ce titre, des dangers que représentent la loi NOME ou le recours massif à la sous traitance. Quelle est la situation actuelle ? Aujourd’hui, les énergies fossiles occupent une place largement prépondérante dans le bilan énergétique : plus de 80% au niveau mondial (dont 58 % pour le pétrole et le gaz et 24 % pour le Charbon), mais aussi en France où gaz et pétrole correspondent à 66 % de la consommation finale. Dans cette situation, nous sommes confrontés à deux grandes contraintes inédites : C’est dès à présent celle du spectre de l’épuisement des ressources en gaz et en pétrole avec ses conséquences immédiates :
  • La recherche et l’exploitation complexe de gisements d’accès difficiles dans des conditions douteuses pour limiter les coûts d’exploitation (exemple des gaz de schistes).
  • L’existence de « crises » dans lesquelles les effets spéculatifs anticipent les problèmes structurels et entraînent la flambée des prix (voir les prix à la pompe).
  • Enfin et surtout, les tensions au niveau international pour le contrôle des ressources pouvant déboucher sur des conflits armés : de la Libye à l’Irak en passant par l’Afghanistan, les exemples ne manquent malheureusement pas dans l’actualité pour illustrer cette situation.
La deuxième contrainte est celle du réchauffement climatique : Ce point a largement été développé par Luc Foulquier. Aussi je me contenterai de partir ce qu’il nous disait sur la dette environnementale pour faire une remarque sur le charbon. Pour, les pays les plus riches fossiles. Contrairement au pétrole et au gaz, les réserves de charbon dans le monde sont encore relativement importantes et nous savons que les pays en voie de développement feront appel à cette ressource. Les pays riches, qui se sont notamment appuyés sur le charbon pour asseoir leur développement économique, ont une double responsabilité :
  • donner la priorité à d’autres modes de production d’énergie qu’ils maîtrisent
  • poursuivre une exploitation partielle de cette ressource en investissant massivement dans la recherche pour mettre au point des modes de production plus respectueux de la planète (gazéification in situ, lit fluidisé, stockage du C02). Ceci permettrait d’effectuer les transferts technologiques nécessaires afin que les pays en voie de développement et les pays pauvres puissent bénéficier des acquis scientifiques pour inscrire dès le départ leur développement dans un cadre durable et respectueux de l’environnement.
Face à ces deux contraintes, il y a urgence à produire et à consommer autrement : Pour cela nous n’avons pas trop de tout pour réduire la part du gaz et du pétrole dans la production nationale. Nous avons en particulier besoin de dégager des voies nouvelles, ce qui nécessite un formidable effort de recherche. Dans l’immédiat, en l’état actuel des connaissances et du développement technologique, trois voies nous sont offertes : les économies d’énergie, les énergies renouvelables, le nucléaire de fission. Première voie : les économies d’énergie Faire des économies, c’est bien entendu faire décroître les productions inutiles. Savez vous par exemple que les dépenses d’armement du G8 sont en 2010 de plus de 1200 milliards de dollars. Il y a là de quoi faire. Mais ne confondons pas cela avec l’appel à nous restreindre comme le laisse entrevoir diverses campagnes qui visent à nous culpabiliser. On sait bien qu’à ce jeu, ceux qui se serreront la ceinture sont les plus défavorisés. Rationner l’essence par l’argent gênera sûrement le salarié obligé de prendre sa voiture pour aller au travail mais je doute que cela perturbe le moins du monde le propriétaire de Yacht. Faire des économies c’est aussi gagner en efficacité énergétique, c’est à dire réduire les dépenses d’énergie pour une même production. Il s’agit d’améliorer les procédés industriels, de rationaliser le couple production / consommation, d’optimiser les matériaux, de revoir la conception et la gestion des modules de vie intégrant habitation, travail, loisir, transport... Mais pour cela nous devons mettre l’humain au cœur de la société et non les multinationales et les dividendes. Ainsi par exemple, le transport des marchandises apparaît souvent comme incohérent et lourd de gaspillage énergétique. Mais derrière la noria de camions internationaux qui sillonnent les routes d’Europe ou derrière les avions cargo qui transportent les haricots verts du Kenya ou les poires d’Afrique du Sud, il y a la concurrence libre et non faussée, il y a l’exploitation des peuples des pays à bas coût de main d’ceuvre, la remise en cause du droit social et du coût du travail dans notre propre pays, la disparition des petits exploitants agricoles au profit d’une agriculture de mono culture intensive... Il y a aussi l’enrichissement fabuleux des divers opérateurs intermédiaires et, en particulier, des grands de la distribution qui spéculent sur le prix des marchandises. Deuxième voie : les énergies renouvelables Bien entendu ces sources d’énergie peuvent être un apport intéressant dans le mix-énergétique à développer pour limiter les rejets de C02. Encore faut-il prendre en compte leurs spécificités et développer des axes de recherche permettant de dépasser les difficultés actuelles d’utilisation. L’hydraulique, stockable et très souple, peut sans doute encore progresser mais chacun comprend que les sites disponibles sont limités. Des études en cours laissent entrevoir des possibilités intéressantes avec les courants marins - ce que l’on appelle l’hydraulien - et les forces marées motrices. Au delà de l’hydraulique, le solaire et l’éolien sont à ce jour les filières les plus avancées. Elles ont contre elle d’être des énergies à faible densité et surtout à caractère intermittent. En l’état actuel, ce caractère aléatoire impose de disposer d’installations thermiques à flamme de puissance équivalente, ce qui augmente encore le coût de ces productions et est un facteur de dégagement de gaz à effet de serre. Bien entendu des progrès dans le domaine du stockage de l’énergie modifieraient la donne. Le développement de ces filières passe donc par la recherche pour baisser les coûts et stocker l’énergie. Il doit s’accompagner d’un développement de toute une filière technologique. C’est tout l’inverse de ce qui se fait aujourd’hui avec un « développement » basé sur une logique spéculative au détriment de l’usager qui constitue une manne financière pour des « installateurs » qui assemblent des éléments venus d’ailleurs (d’Asie en particulier). Quoiqu’il en soit, une conclusion s’impose : si séduisantes qu’elles soient, les énergies renouvelables sont incapables, à elles seules, de répondre de manière stable et continue aux besoins nationaux et mondiaux. Troisième voie : le nucléaire de fission Le nucléaire de fission a de forts avantages : C’est une énergie à forte densité : la production d’un réacteur est équivalente à celle de 2000 éoliennes ou à 10 millions de panneaux photovoltaïques de 10 m2 ; son coût du KW plus faible - mais très capitalistique - est peu dépendant du coût de la matière première et surtout il est exempt de production de C02. Par contre, il présente des risqués importants : les déchets et l’accident nucléaire. La question des déchets qui est souvent mises en avant par les tenants de la sortie du nucléaire n’est pas, me semble-t-il, la plus importante. Aujourd’hui, même si des solutions nouvelles pourront apparaître, nous savons dès à présent, limiter la production de ces déchets, les récupérer et les trier, valoriser ce qui peut l’être, conditionner les déchets ultimes. A titre d’ordre de grandeur, les déchets de hautes activités de 40 ans de production nationale constituent un volume de 400 m3. La question des risques d’accident grave me paraît beaucoup plus sérieuse. Elle s’appréhende dans le nucléaire comme dans dans d’autre domaine. Nous savons que pour toute réalisation humaine le risque zéro n’existe pas. Nous devons donc dans la conception même des installations baisser la probabilité d’accident et réduire les conséquences. Mais la sécurité d’une installation repose, en dernier ressort, sur les compétences individuelles et collectives des salariés et sur leur esprit de responsabilité à tous les niveaux. C’est pourquoi la maîtrise de l’outil exige des salariés hautement qualifiés reconnus par un salaire, un statut protégeant les salariés, des droits nouveaux d’intervention, la démocratie dans et hors de l’entreprise...
  • II n’y aura pas de développement du nucléaire sans une acceptabilité sociale. Ceci passe par une maîtrise sociale des choix énergétiques. Cette maitrise sociale a besoin de démocratie et de transparence dans le domaine décisionnel comme dans celui de l’expertise. Elle demande un formidable développement de la culture scientifique et technique.
  • Un réacteur nucléaire ne peut être vendu comme une marchandise ordinaire. D’une part nous devons mettre hors la loi les réacteurs « low cost » que proposent certains pays (Corée). D’autre part l’implantation d’un réacteur nucléaire dans un pays nécessite d’avoir dans ce pays un véritable potentiel scientifique, technique et industriel de haut niveau. Cet aspect pose la question de la coopération et de l’aide au développement.
Tout ceci appelle à une réorientation politique en rupture avec les choix libéraux actuels. Le nucléaire, comme toute réalisation humaine présente des risques. Peut on maîtriser son développement dans le cadre du secteur public ou peut on sortir du nucléaire et par quoi le remplacer ? Au stade actuel des connaissances et du développement technologique, seul l’appel à des ressources carbonés est envisageable. Certains refusent d’assumer le risque nucléaire : c’est leur droit. Mais il faut alors avoir l’honnêteté et le courage de dire qu’ainsi nous prenons d’autres risques : ceux d’une pénurie d’énergie pouvant conduire à des guerres et ceux d’un réchauffement climatique incontrôlé. Ce sont ces questions que les citoyens doivent trancher. Mais il doivent le faire en ayant toutes les données en main. Pour l’avenir, la recherche dans le nucléaire doit se poursuivre. Elle doit nous permettre d’aller vers des solutions nouvelles dépassant les problèmes actuellement posés. Il existe en particulier deux pistes potentielles plus ou moins avancées : a) Les réacteurs de fission dits de 4ème génération : II s’agit de réacteurs plus propres, produisant moins de déchets, plus sûrs, utilisant mieux la matière (100 fois mieux). Ces réacteurs existent même si en France des décennies d’études ont été malheureusement stérilisées par la décision brutale d’arrêt de Super Phénix (Creys Malville). b) La fusion thermonucléaire : Complètement différent de la fission nucléaire, ce procédé riche de potentialités (plus de cycle du combustible, plus de risque d’excursion de puissance, réserve importante du combustible hydrpgène...) mais il faut être clair sur le fait qu’il n’y aura pas de débouché avant la 2ème partie siècle et qu’ITER est une expérience de physique qui n’est qu’un moment dans un long processus de progression des connaissances : raison de plus pour ne pas perdre de temps ! Certains contestent le choix qui est fait craignant que le financement de ce projet prive les autres secteurs de la recherche.
  • Ce financement n’est pas pharaonique.
  • La recherche a besoin de projet fédérateur.
  • C’est un cas unique de coopération planétaire.
Quelques propositions en guise de conclusion Une politique énergétique qui s’inscrit dans le cadre d’un développement durable doit se fixer l’objectif de faire du droit à l’énergie un droit universel. L’équation à résoudre est simple : répondre aux besoins mondiaux croissants de l’humanité en diminuant les rejets de CO2. Cela passe par la construction d’un mix-énergétique spécifique à chaque pays basé sur les principes suivants : efficacité énergétique, diversification des sources, promotion des énergies non productrices de C02. C’est en tout état de cause aux citoyens de faire ces choix, encore faut il qu’il soit pleinement informé. Cette maîtrise sociale des choix énergétiques a des exigences très concrètes :
  • Transparence et démocratie en terme décisionnel et expertise,
  • Promotion d’une culture scientifique de masse.
  • Association des citoyens aux décisions,
Au stade actuel des connaissances, tous les scénarios qui prévoient de se priver du nucléaire s’appuient sur une compensation d’électricité produite à partir du gaz, ce qui aurait comme conséquences immédiates d’accroitre nos émissions de gaz à effet de serre et d’exacerber les tensions internationales. C’est pourquoi nous disons qu’aujourd’hui le nucléaire de fission est incontournable. Encore faut-il qu’il soit pleinement dégagé des logiques de profit pour garantir un haut niveau de sûreté. Ceci exige un respect strict de la maîtrise publique avec un haut niveau de garanties sociales permettant le développement de l’emploi qualifié, la pleine citoyenneté des salariés, des droits d’intervention dans la gestion ; cela exige également de grands investissements en technologies nouvelles, en recherche, en formation. Afin d’élargir la palette des possibles, nous avons besoin d’un formidable effort de recherche tous azimuts et en particulier sur le stockage de l’énergie, les réacteurs nucléaires de 4ème génération et le stockage du C02. C’est pour atteindre ces objectifs que nous jugeons nécessaire d’aller vers un grand pôle public de l’énergie regroupant l’ensemble des entreprises du secteur. Il aurait pour tache la mise en œuvre des politiques de recherche, de production et d’économie d’énergie afin de permettre un accès égal pour tous au droit à l’énergie et la sauvegarde du climat. Outil de la solidarité nationale, il doit être démocratisé avec un pouvoir de contrôle des usagers, des élus et des salariés. Enfin, il devra favoriser les coopérations européennes et plus largement internationales pour promouvoir les services publics et les transferts de technologies permettant aux pays pauvres de concilier réponses aux besoins et protection de la planète. Quelle politique énergétique par L. Foulquier Simplement quelques notes schématiques sur un problème qui concerne toute l’humanité et qui est aujourd’hui directement lié à celui de l’énergie. Il s’agit du changement climatique et de l’augmentation actuelle de la température du globe qui est un grave danger. C’est une question centrale, une crise ne chassant pas l’autre. A l’échelle géologique, le climat terrestre a toujours varié. On a trouvé sous l’équateur des conglomérats glaciaires ! Il y a 9 000 ans, le Sahara était vert ! Il y a des millions d’années, la terre était bien plus chaude qu’aujourd’hui, il y avait quatre fois plus de gaz carbonique (CO2) et pas de calotte glaciaire. (Voir « l’histoire » de la tectonique des plaques). Cela est dû à plusieurs facteurs dont l’excentricité de l’orbite terrestre (distance entre la terre et le soleil), l’axe de rotation de la terre, etc. La compréhension du mécanisme de l’effet de serre est fondamentale. Les rayons solaires sont absorbés par l’atmosphère et renvoyés en partie vers l’extérieur. Les rayons infrarouges de la terre sont retenus à 95% par l’atmosphère. Sans ce mécanisme la température moyenne de la terre serait de -18°C, et nous sommes à plus de 15°C. La vapeur d’eau des nuages (55%) et des gaz (28%) (CFC, NO2, .méthane et surtout le CO2) sont responsables de ce phénomène. Charles David Keeling constate en 1958, à 3400 mètres d’altitude, sur la station d’Hawaï, que la concentration en CO2 augmentait. Et ce dernier maintient captif une parie du rayonnement solaire. Ce chercheur déduit que cette augmentation est due à l’activité humaine du fait de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et aussi de la déforestation. En 1965, dans l’Antarctique, en Terre Adélie des chercheurs mettent dans un verre de whisky des glaçons venant d’une carotte glaciaire profonde. (Noter qu’en pleine guerre froide des scientifiques américains, français, russes,... travaillaient ensemble dans la station soviétique Vostok !). Ors, la glace des profondeurs qui est très compressée, pétille de petites bulles ? Claude Lorius pensa que cette glace pourrait contenir les archives de l’atmosphère ? Toute une histoire des climats allait se préciser. Avec différentes méthodes (grâce au Commissariat à l’Energie Atomique, par la mesure d’isotopes comme le Deutérium), on peut « voir » le passé du climat sur des centaines de milliers d’années. Ainsi, on a démontré que sur les 420 000 dernières années, les concentrations en gaz à effet de serre, le CO2 en particulier, sont corrélées à la température de l’Antarctique. Depuis 1988, les travaux du GIEC (Groupement d’Expertise Gouvernementale sur l’Évolution du Climat) s’inscrivent dans cette recherche. Tout concorde : en 150 ans environ, le CO2 a augmenté de 30% et le méthane de 145%. Ce qui correspond à un rythme de milliers de fois plus grand que celui des temps géologiques. Le résultat est qu’on observe une augmentation rapide de la température sur la terre. Une augmentation (entre 2° C et 6°C) aurait de terribles conséquences : fonte des glaces, acidification de la mer, augmentation du niveau des océans par dilatation, inondation et migration de populations, sécheresse, maladies, perte de biodiversité...). Ces impacts seront différents selon les régions du globe, mais on sait que ce sont les pays les plus pauvres d’Afrique et d’Asie du Sud-est qui auront le plus difficultés, et c’est peu dire ! Il faut faire quelque chose. C’est urgent et la situation est plus que sérieuse (depuis 140ans, l’augmentation de la température a été de 0,7°C à 0,8°C). On sait que le CO2 supplémentaire vient de l’utilisation des énergies fossiles. Ces émissions ont atteint un niveau record en 2010 (+5% et 30,6 milliards de tonnes !). Les scientifiques estiment qu’il ne faut pas dépasser notre température de plus de 2° C sinon on va vers une crise climatique très grave. Aujourd’hui l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) estime que cet objectif est devenu inatteignable ! On peut être pessimiste pour le prochain sommet de Durban (fin 2011) sur la lutte contre le réchauffement climatique. Selon le responsable de l’ONU, on ne respectera pas le protocole de Kyoto. Il y a des solutions. Pour cela, il faut en priorité réduire l’émission des gaz à effets de serre par la diminution rapide de l’utilisation des énergies fossiles. En priorité le pétrole et le gaz, compte tenu de l’épuisement de la ressource. Au niveau mondial, c’est une réduction moyenne d’un facteur 2 d’ici 2050 qu’il faut atteindre et au niveau des pays industrialisés et riches, d’un facteur 4. Ici encore en fonction des situations, c’est différent selon les pays. La France a moins de contraintes du fait de son parc nucléaire qui ne produit pratiquement pas de gaz à effet de serre. Par contre les contraintes sont fortes sur le Danemark ou l’Allemagne qui sont les plus importants pollueurs. La décision de l’Allemagne de sortir du nucléaire va encore augmenter cette pollution. Ors, ce pays doit réduire son émission de CO2 de 21%. Actuellement, surtout pour Télecricité, la production d’origine nucléaire mondiale permet d’éviter la production d’environ 2 milliards de tonnes de CO2. Les énergies renouvelables comme l’éolien ou le solaire, aussi intéressantes soient-elles, sont intermittentes, donc pour entretenir le réseau il faut compenser par des centrales au gaz. D’où une augmentation de l’effet de serre. Pour le charbon, (ce que l’Allemagne utilise massivement pendant que l’entreprise EON ferme les entreprises thermiques en France !!), il faut travailler encore les conditions de son extraction et de son utilisation, ainsi que la possibilité de capture et de stockage du C02. Pendant longtemps, du fait de fortes réserves, le charbon sera largement utilisé. C’est une manière de dire que la recherche et les progrès scientifiques et techniques doivent être complètement intégrés au processus d’économie d’énergie. Par exemple, les nanotechnologies pour l’isolation, les batteries, ... les nouveaux réacteurs nucléaires pour économiser l’uranium (c’était le but de Creys-Malville !) et peut être demain la fusion selon les résultats de recherche avec le projet ITER. C’est une bataille d’ensemble qui va de la baisse de la consommation du pétrole et du gaz dans le résidentiel, le tertiaire et les transports au profit de l’électricité avec un « mix énergétique » en passant par la lutte contre les gaspillages et la déforestation. Les moyens ne manquent pas, mais il faut une autre politique énergétique (dont vous parlera J.CL Cauvin). Cela heurte les intérêts du capital et ne colle pas avec « la concurrence libre et non faussée ». D’où le besoin d’un débat et d’une lutte politique. Cela se vérifie sur le couple « climat-énergie » depuis 1992 à Rio ! 1997 Kyoto, 2000 La Haue, 2001 Bonn, 2009. Copenhague, 2010 Cancun, fin 2011 Durban ? Des progrès mais « si le climat était une banque vous l’auriez sauvé depuis longtemps » disait Chavez. Il n’y a toujours pas de mesure contraignante ni de date butoir. Il faut trouver l’argent nécessaire pour commencer à payer la « dette » que nous avons vis-à-vis des pays en développement. Les sommes sont de l’ordre de 30 milliards de dollars pour 3 ans et 100 milliards par an à partir de 2020. Mesurons bien les inégalités avec une production de 24 tonnes de CO2 par an et par habitant aux USA, 12 tonnes en Europe et 1 tonne en Afrique. Il faut également tenir compte de l’augmentation de la population qui devrait passer de 6,8 milliards d’habitants (plus ou moins 200 millions) actuellement à 8,4 / 9,1 milliards en 2050. Il y a bien besoin de réduire les émissions de CO2 dans les pays industrialisés de 75 à 80% : d’augmenter dans de grandes proportions les énergies renouvelables et de ne se priver d’aucune ressource énergétique non productrice de gaz à effet de serre ; donc un mix énergétique où l’énergie d’origine nucléaire prenne toute sa place. Ne pas oublier que « bataille de l’eau » a besoin d’énergie pour être gagnée. Rester dans « le système » pour gagner de l’argent dans un capitalisme vert est un réel danger. Soutenir les valeurs boursières « éco responsables » est une mystification. Utiliser des alibis idéologiques et souvent des contre-vérités, pour ne pas mettre le danger climatique au cœur d’une stratégie énergétique peut vite devenir criminel. Marchandiser « l’environnement », les droits à polluer... ou vouloir tout régler par des taxes ou des augmentations de prix qui tombent sur le budget des familles, est la voix de l’injustice et de la récession. Ce sont les profits qu’i faut taxer et le système capitaliste lui-même qu’il faut mettre en cause. Tout démontre qu’il n’est pas « éco compatible ». Voici quelques faits et idées qui peuvent nous permettre de construire un débat réellement démocratique au sens où il permet de mettre en commun des connaissances, des expériences, des opinions, des propositions. Je me permets simplement pour finir de vous soumettre cette réflexion du glaciologue, pionnier des recherches sur le climat, Claude Lorius : « ... La science ne peut sans doute pas nous sauver, mais sans la science, il est peu probable que nous soyons sauvés »(*). Merci de votre attention. (*) C. Lorius - L. Carpentier « Voyage dans l’anthropocène » -Actes Sud 2011) Séminaire sur l’énergie 05 Mars 2011 Évaluation et analyse des besoins énergétiques en France, en Europe et dans le monde par Valérie Gonçalvès Au même titre que l’accès à l’alimentation ou la santé, l’accès à l’énergie est un élément déterminant pour l’émancipation et l’épanouissement des peuples, pour la réduction des inégalités. Depuis un siècle, la maîtrise des ressources en énergie (le charbon, le pétrole, le gaz et le nucléaire) a permis une hausse considérable du niveau de vie des populations, spécialement dans les pays développés. Les pays se sont appuyés majoritairement sur les ressources fossiles pour asseoir leur développement économique. Il en va donc de la responsabilité de ces pays qui ont massivement utilisé ces ressources de donner la priorité à d’autres modes de production d’énergie qu’ils maîtrisent, d’investir beaucoup plus massivement dans la recherche pour obtenir des modes de production plus respectueux de la planète, de mettre en place de vrais plans d’économie d’énergie et enfin d’effectuer les transferts technologiques nécessaires afin que les pays en voie de développement et les pays pauvres puissent bénéficier des acquis scientifiques pour inscrire dès le départ leur développement dans un cadre durable et respectueux de l’environnement. La consommation énergétique ne peut que croître pour deux raisons : l’une est l’accroissement de la population qui devrait atteindre 8 Milliards en 2050, l’autre réside dans le fait que les pays en développement ne peuvent élever leur niveau de vie qu’en augmentant leur consommation d’énergétique. Sur 6,7 milliards d’habitants qui peuplent la planète, 2 Milliards n’ont pas accès à l’électricité l’efficacité énergétique et la consommation d’énergie par habitant sont extrêmement variables d’un pays à l’autre. Entre aujourd’hui et 2025, la population mondiale passera de 6,7 à 8 milliards d’êtres humains. La consommation d’énergie primaire passera de 12 Giga tonnes équivalent pétrole à 17 Gtep*. En 2050, elle sera située entre 20 et 30 Giga tonnes équivalent pétrole. La Chine et l’Inde représenteront à elles seules 40 % de cette croissance. Enfin, 25 % de la population mondiale consomme près des 2/3 des ressources d’énergie. Au niveau mondial, la réponse actuelle à la demande croissante d’énergie est assurée à 15% par les énergies renouvelables (dont 10 pour la biomasse traditionnelle et 5 pour l’hydraulique) et à plus de 80 % par les ressources fossiles de la planète (charbon environ 23%, plus de 60 % pour le pétrole et le gaz). Le charbon, le pétrole et le gaz, dans des proportions différentes, sont émetteurs de gaz à effet de serre. Le charbon est l’énergie fossile la plus abondante sur la planète, la mieux répartie entre les continents et la plus accessible pour les pays du sud. Mais c’est aussi l’énergie la plus polluante, notamment quant aux émissions de CO2. La Chine est le premier pays émetteur de GES (6,1 Giga tonnes CO2), après avoir récemment supplanté les Etats Unis (5,9 GtCO2). Depuis 1990, les émissions mondiales ont augmenté de plus de 30 %. En 2025, les émissions de gaz à effet de serre GES passeront de 27 à 42 Gt.éq.CO2 Le développement économique basé sur les combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) abondants et bon marché semble révolu. Les hausses considérables du prix du pétrole préfigurent probablement une constance de prix très élevés dans un proche avenir. Plus personne ne nie que l’on va atteindre le pic pétrolier mondial à plus ou moins brève échéance. La seule véritable controverse étant le moment de ce pic mondial, 2015, 2020. Le pétrole représente à lui seul environ 40% de l’énergie primaire consommé dans le monde. Quelles seront les conséquences de ce choc ? Il en sera de même pour le gaz et le charbon mais à des échéances plus lointaines. Les réserves prouvées mondiales en pétrole et en gaz se situent à hauteur respectivement de plus de 40 et de 60 fois la production mondiale de 2009, les gaz dits non conventionnels, encore peu explorés et peu connus, devraient permettre de doubler ce chiffre, ce qui modifie en profondeur la vision du marché du gaz, d’après l’IFP énergies nouvelles. Et nous sommes à plus de 120 fois pour le charbon. 40 ans pour le nucléaire dans les réacteurs actuels mais plusieurs siècles avec la 4ème génération dite des surgénérateurs). Les ressources énergétiques fossiles sont des biens mondiaux limités et donc à partager. Il y a en même temps de grandes inégalités dans la répartition de ces ressources :
  • Le charbon provient des USA, de l’Australie, chine, Russie.
  • Le pétrole du moyen orient, USA, il en existe un peu au Venezuela, Indonésie, Angola.
  • Le gaz vient de la Russie, du Qatar, d’Algérie, de Norvège, ou des USA.
  • L’uranium que l’on trouve en Australie, également au Canada, Kazakhstan... et au Niger.
D’une façon générale, l’Afrique et l’Amérique du Sud sont peu pourvues en matières premières. Bien souvent la possession des ressources énergétiques est source de tensions et de conflits géostratégiques entre pays. Part des énergies dans la production mondiale d’électricité le charbon domine avec 42 % de la production ; il est suivi par le gaz naturel, l’hydraulique et le nucléaire avec respectivement 20,9 %, 15,6 % et 13,8%. Le nucléaire est devancé par le charbon également en Europe (respectivement 28,1 % et 30,8 %) même si certains pays sont dans une situation bien différente (ex : France 75,2 % pour le nucléaire). Climat et énergie sont intimement liés et les enjeux sont planétaires. Le protocole de Kyoto, signé en 1997, impose aux pays industrialisés de réduire leurs émissions de GES d’ici à 2012. En décembre 2008, l’Union européenne a signé l’engagement des trois 20 en 2020 : 20 % d’énergies renouvelables, 20 % de GES en moins, 20 % d’efficacité énergétique en plus. Autre considération tout aussi importante, les pays les plus riches se sont engagés à réduire de 80 % leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 pour ne pas dépasser une hausse des températures de plus de 2° C en 2050. Les émissions de gaz à effet de serre proviennent pour l’essentiel de la combustion des combustibles fossiles (80% de l’énergie mondiale). Comment y parvenir sans une réduction drastique de l’utilisation de ces sources d’énergies ? La transition s’annonce donc très difficile. Quelles options prendre pour la première moitié du 21ème siècle ? Les investissements vont devoir être considérables pour assurer à tous un droit à l’énergie, c’est-à-dire l’accès à l’énergie à des tarifs accessibles. Les chercheurs de l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques) estiment à 18 500 milliards d’euros soit environ 10 fois les richesses produites en France) la somme d’argent à investir dans les infrastructures d’offre d’énergie dans le monde. En France Le système français de production d’électricité qui associe essentiellement hydraulique et nucléaire a montré tous ses avantages. Il assure une indépendance énergétique à la France Émettant un minimum de gaz à effet de serre, il est une réponse pertinente au réchauffement climatique. En France, la production d’énergie est répartie de la façon suivante : renouvelable 13 %, thermique classique 10,5%, nucléaire 76,5 %. et à 1,4 % par l’éolien, la production photovoltaïque étant encore marginale (0,03 %). En France, il existe 58 réacteurs en exploitation répartis sur 19 Centres Nucléaires de Production d’Électricité (CNPE) - 447 centrales hydrauliques dont 640 barrages - 23 tranches thermiques à flamme et 10 turbines à combustion sur 15 sites. En cinq ans, la production d’électricité d’origine éolienne a été multipliée par près de 10. Le thermique à flamme (10,5 %) (gaz, charbon) occupe une place réduite dans le mix énergétique mais demeure un élément de réponse aux besoins de pointe et sa place va sensiblement augmenter de façon quasi automatique dans les prochaines années sous l’effet de l’augmentation de la demande et du retard pris dans les investissements nucléaires. Il faut que tous ces moyens de production existant soient le plus disponibles pour éviter les situations tendues. En France, 3,4 millions de foyers sont en précarité énergétique. En 2009, ce sont 100 000 coupures gaz et autant en électricité qui ont été opérées. La fixation des tarifs de l’énergie est une question centrale aussi bien pour les usagers et les industriels mais également en termes de renouvellement de moyens de production. En Europe II y a absence d’une réelle politique européenne de l’énergie stricto sensus. La dépendance énergétique externe de l’Union européenne (UE) est en croissance continue. L’UE couvre ses besoins énergétiques à 50% à partir des produits importés et si rien n’est entrepris, d’ici 2020 ou 2030, ce chiffre s’élèvera à 70%. Les importations énergétiques représentent 6% des importations totales. 45% des importations de pétrole proviennent du Moyen-Orient et 40% des importations de gaz naturel de Russie. À l’heure actuelle, les sources d’énergie renouvelables sont exploitées de façon inégale et insuffisante dans l’Union européenne. Bien que nombre d’entre elles soient disponibles en abondance et que leur potentiel économique réel soit considérable, la part des sources d’énergie renouvelables dans le total de la consommation intérieure brute d’énergie de l’Union - laquelle devrait progresser régulièrement à l’avenir - n’est que médiocre : 6 %. La proposition de la création d’une agence européenne de l’énergie a tout son sens. Le principe de base doit être celui de la coopération des opérateurs. C’est la meilleure approche pour répondre aux besoins dans les conditions les meilleures et en finir avec la guerre économique visant à conquérir des parts de marchés et à absorber le concurrent adversaire. Elle pourra favoriser la notion de groupement d’achat à long terme et la sécurité d’approvisionnement notamment. Quels pourraient être les leviers ? On peut cependant agir dans plusieurs directions et faire évoluer le mix énergétique : économies d’énergie (ex dans le résidentiel), efficacité énergétique (transports), développement des Énergies Renouvelables [ENR] (éolien, solaire, biomasse, hydraulique y compris marémotrice). Le nucléaire voit un certain retour en grâce avec l’EPR (dont la réalisation s’avère plus difficile que prévu avec des retards et des investissements supplémentaires) et la prolongation de vie des centrales nucléaires en activité de 10 ou 20 ans (ce qui exige des investissements d’environ 600 millions d’euros pour chacune d’entre elle). L’incontournable besoin de réduction des émissions de CO2 détermine l’avenir de l’ensemble des activités de la filière énergétique :
  • L’acceptabilité du charbon et du gaz sera liée à la modernisation du parc charbon et la mise au point de nouvelles techniques dites « charbon propre » incluant la question du captage et de la séquestration du CO2
  • L’acceptabilité du nucléaire comme réponse au défi climatique sera liée à la démonstration que la filière peut répondre à la question des déchets et d’une utilisation à long terme de l’uranium et que les conditions d’exploitation ne sont pas source de risques pour la sûreté.
  • L’acceptabilité des énergies renouvelables sera liée à leur développement dans des conditions socialement acceptables, c’est-à-dire, à un prix supportable par les usagers et à des modes de financement à long terme minimisant le coût réel des investissements.
  • La construction d’un parc éolien soulève des difficultés d’acceptabilité comme on peut le voir en Bretagne avec les pêcheurs.(intérêt général / intérêt filière métier).
  • Sans oublier des recherches à long terme sur des filières plus révolutionnaires telles que la fusion nucléaire tel le projet Iter ou les centrales EPR 4ème génération.
Pour autant, lorsque l’on pense construction de nouveaux moyens de production il nous faut également penser à une distribution pour tous et partout, ce qui sous entend d’avoir un réseau de transport adapté avec la construction de ligne de transport d’électricité THT qui souvent est confrontée à des difficultés d’acceptabilité également (paysage, sécurité). Un pôle public de l’énergie serait un acteur important de la politique de coopération de la France en Europe et dans le monde. Il nous faut réfléchir à l’articulation entre biens publics mondiaux et services publics locaux. Pour conclure, s’il est vrai que nous devons prendre en compte les questions environnementales, nous ne devons pas tomber au nom du sacro saint principe de précaution, dans un immobilisme mortifère. Les communistes doivent être à la pointe de cette volonté de recherche et d’innovation pour inventer un nouveau type de développement pour répondre aux besoins énergétiques des populations et à leur épanouissement. Valérie Conçalvès : Université d’été du PCF 2011 Au même titre que l’accès à l’alimentation ou la santé,-le droit à l’énergie est un élément déterminant pour l’émancipation et l’épanouissement des peuples, pour la réduction des inégalités. Cela reste une exigence moderne pour les communistes ! Propositions Pour dépasser la situation actuelle et sortir de la crise dans laquelle nous sommes nous avançons des propositions : 1. Sortir l’énergie de la vision de court terme de la logique capitaliste Pour générer cette gigantesque mutation énergétique il est nécessaire de sortir de la vision de court terme et de recherche exclusive de rentabilité financière imposée par le système capitaliste. Il est nécessaire de stopper le processus de libéralisation généré par la mise en oeuvre, au pas de charge, des directives Européennes de libéralisation qui visent à soumettre l’énergie aux exigences des marchés financiers, avec un seul objectif : générer des colossaux retours sur investissements au détriment de l’avenir de l’humanité. 2. Renforcer la maitrise publique, du local au global La pénurie énergétique est, avec le réchauffement climatique, le problème de la faim ou celui de l’eau, un des défis les plus importants que va affronter l’Humanité au 21en siècle. Il n’existe pas de solution qui puisse être exclusivement nationale. Un des enjeux réside dans la capacité des territoires et de la communauté internationale à y faire face en renforçant la maîtrise publique. Il faut une véritable coopération internationale, sous l’égide de l’ONU, par exemple. la sûreté nucléaire doit être soumise à des normes internationales de sûreté obligatoires (elles devraient porter sur l’approbation préalable des nouveaux modèles de centrales, des implantations de celles-ci, des modes de gestion des centrales et des déchets radioactifs, sur l’existence dans le pays concerné d’une véritable culture de sûreté nucléaire) et géré sous le contrôle d’une instance internationale indépendante (AIEA remaniée), dotée de pouvoirs de sanction pour faire respecter ces normes (pénalisations financières, pouvoirs d’arrêter les installations concernées en cas de danger immédiat). C’est l’une des conditions essentielles de la poursuite planétaire des activités nucléaires civiles. Un pôle public de l’énergie serait un acteur important de la politique de coopération de la France en Europe et dans le monde. Il nous faut réfléchir à l’articulation entre biens publics mondiaux et services publics locaux. La proposition de la création d’une agence européenne de l’énergie a tout son sens. Le principe de base doit être celui de la coopération des opérateurs. C’est la meilleure approche pour répondre aux besoins dans les conditions les meilleures et en finir avec les dégâts de la « libre concurrence ». Elle pourra favoriser la notion de groupement d’achat à long terme et la sécurité d’approvisionnement notamment. Créer les conditions pour que les citoyens soient informer et surtout associer les citoyens à toutes les décisions concernant les choix énergétiques. 3. Investir dans la formation, la recherche et le développement Au seuil du XXI0 siècle, si les besoins sont énormes, l’humanité dispose d’une panoplie inégalée de sources d’énergie non émettrices de gaz à effet de serre, à des stades de développement différents, mais avec d’énormes potentialités encore inexploitées. Complémentaires et doivent faire partie d’un bouquet énergétique diversifié. Écarter une seule de ces sources, en particulier pour ce qui concerne notre pays, c’est aggraver la situation en continuant à faire la part belle aux énergies les plus nocives pour notre planète. Mix énergétique L’incontournable besoin de réduction des émissions de C02 détermine l’avenir de l’ensemble des activités de la filière énergétique : quels pourraient être les leviers d’un mix énergétique ? La priorité aujourd’hui c’est de sortir de l’utilisation des sources carbonées fossiles qui libèrent des gaz à effet de serre. Le temps nous est compté, il y a urgence ! Il y urgence car le fossile, si rien n’est fait, va continuer d’occuper une place prépondérante dans le bilan énergétique mondial (85%) alors que les ressources s’épuisent et que notre planète s’enflamme. 4. Aujourd’hui nous devons répondre à cette urgence ! Un des leviers sera liée à la modernisation du parc charbon et la mise au point de nouvelles techniques dites « charbon propre » incluant la question du captage et de la séquestration du C02. II existe d’autres leviers pour répondre à ce défi : le nucléaire et les énergies renouvelables. L’acceptabilité du nucléaire comme réponse au défi climatique sera liée à la démonstration que la filière peut répondre à la question des déchets et d’une utilisation à long terme de l’uranium et que les conditions d’exploitation ne sont pas source de risques pour la sûreté. Il faut faire émerger la génération 4 de centrales nucléaires plus sûres, plus économes en combustible et moins productrices de déchets. L’acceptabilité des énergies renouvelables sera liée à leur développement dans des conditions socialement acceptables, c’est-à-dire, à un prix supportable par les usagers et à des modes de financement à long terme minimisant le coût réel des investissements. Il faut développer de vraies filières industrielles. Le système français de production d’électricité qui associe essentiellement hydraulique et nucléaire émettant un minimum de gaz à effet de serre, n’est-il pas une réponse pertinente au réchauffement climatique ? Aujourd’hui, les émissions de C02 actuelles de la France sont inférieures de 40 % à la moyenne européenne. Pour autant, lorsque l’on pense construction de nouveaux moyens de production il nous faut également penser à une distribution pour tous et partout ce qui sous entend d’avoir un réseau de transport adapté avec la construction de ligne de transport d’électricité THT qui souvent est confrontée également à des difficultés d’acceptabilité. Avancer dans le sens de l’amélioration de l’efficacité énergétique est une impérieuse nécessité mais cela exige de s’attaquer aux choix qui génèrent ces gaspillages. Les phénomènes de délocalisations/réimportation, l’étalement urbain, l’éloignement domicile-travail etc.... sont autant de stigmates générés par la logique capitaliste. Des choix qu’il nous faut remettre en cause en haussant la barre sur les exigences sociales et environnementales. L’effort doit être produit Dans le domaine de l’industrie pour faire émerger la voiture de l’après pétrole, dans le domaine de l’isolation du parc ancien des bâtiments, dans le domaine des transports collectifs et de l’aménagement des espaces de vie pour offrir des alternatives crédibles à la voiture polluante, Produire de tels efforts passe par un véritable plan de recherche, de formation, de développement industriel, pour explorer toutes les possibilités en termes d’énergies renouvelables et d’amélioration de l’efficacité énergétique. Ce renouveau énergétique doit s’insérer avec une perspective dans le temps. 5. A moyen-long terme : dépasser le nucléaire dans le cadre de la fission de l’atome Dans un avenir plus lointain, lorsque le stockage de l’énergie sera maîtrisé, lorsque le renouvelable sera déployé dans toutes ces dimensions, lorsque la fusion de l’atome sera domptée, nous n’écartons pas l’hypothèse visant, au rythme des avancées technologiques, à dépasser le nucléaire exploité dans le cadre de la fission de l’atome. 6. Dégager de nouvelles sources de financement Relever le défi énergétique passe nécessairement par la mobilisation de ressources financières colossales pour la recherche, la formation et le développement. Nous sommes confrontés à faire des choix. Celui qui, pour nous, est synonyme d’avenir, passe, par exemple, par un transfert des sommes colossales consacrées au nucléaire militaire. Une remarque sur ce point, le nucléaire militaire a été de fait, curieusement très peu mis en cause après Fukushima alors même que ses risques spécifiques sont à l’évidence nettement plus élevés. D’ailleurs, l’audit sur les installations nucléaires après l’accident de Fukushima ne concerne pas les installations nucléaires militaires. 7. Obtenir un véritable droit à l’énergie Le prix du Gaz a augmenté de + 5.2 % au 01 avril 2011, de 21% en 1 an et de 60 % depuis 2004. Le prix de l’Électricité a crû de 17% depuis 2005) ! Le PCF demande une évaluation des premières années de libéralisation du secteur de l’énergie quant à la réduction des coûts pour les consommateurs, la sécurité d’approvisionnement et la recherche réelle d’économie d’énergie. Exiger une commission pluraliste et transparente pour fixer les tarifs de l’électricité et du gaz. Exiger le maintien des tarifs régulés, élément essentiel du service public et veut abroger la Loi NOME. Votée à l’assemblée nationale la loi sur la nouvelle organisation du marché électrique (NOME) oblige EDF à céder un quart de sa production nucléaire à ses concurrents. En effet la commission européenne a jugé la concurrence sur le marché électrique pas assez suffisante. C’est une première d’obliger une entreprise dans le monde de la concurrence libre et non faussée à céder une partie de ses atouts à des concurrents qui produisent peu ou pas d’électricité. Les conséquences, nous les connaissons, les prix de l’électricité augmenteront à nouveau. En France, 3,4 millions de foyers sont en précarité énergétique. En 2009, ce sont 100 000 coupures gaz et autant en électricité qui ont été opérées. Seul 1 million bénéficient du tarif social Électricité. Le groupe communiste a déposé le 13 janvier 2011 à l’assemblée nationale un projet de loi visant à interdire les coupures en période hivernale : ce projet s’adresse à tous les fournisseurs, ce qui est évidemment indispensable au regard de la nouvelle situation crée par l’ouverture des marchés. Enfin, il est élargi au réseau de chauffage ce qui tend à crédibiliser la référence à la période hivernale. Mais nous pourrions inscrire l’interdiction des coupures, en particulier pour les foyers touchés par la pauvreté ou la précarité, comme une règle toute l’année. Il faut relever le seuil de l’obtention des aides sociales « énergie » et automatiser l’obtention de son déclenchement. Il faut proposer que la part du budget « énergie » des ménages ne dépasse pas un certain pourcentage de leur pouvoir d’achat. La définition d’une politique énergétique de la France mérite un débat citoyen de qualité. Le PCF veut pleinement participer à ce débat avec nos concitoyens et les autres forces politiques, syndicales et associatives. Il existe des différences avec nos partenaires au sein du Front de Gauche, mais également avec Europe Ecologie Les Verts et d’autres organisations, débattons en ! Nous pensons que le débat contradictoire franc et objectif permet d’avancer, en éclairant mieux les citoyen(ne)s. Celui-ci doit prendre en compte les aspects sociaux, économiques et environnementaux. Nous sommes déterminés à faire valoir notre point de vue de façon respectueuse. Les communistes doivent être à la pointe de cette volonté de recherche et d’innovation pour inventer un nouveau type de développement pour répondre aux besoins énergétiques des populations et à leur épanouissement. Enfin, à tous les détours des problèmes énergétiques, des déficiences de la sûreté nucléaire, des refus de satisfaire le « droit à l’énergie », de faire les investissements nécessaires pour maîtriser le réchauffement climatique, des tentatives d’en reporter les coûts sur le monde du travail, on retrouve la logique capitaliste et son exigence meurtrière d’une rentabilité financière à 15 %. Faire prévaloir, sans attendre, la logique du « développement humain durable » sur la logique capitaliste est devenu une question absolument cruciale pour l’avenir de l’humanité.

Il y a actuellement 1 réactions

  • Le nucléaire ne peut pas être

    Le nucléaire ne peut pas être une énergie d'avenir , juste une énergie de transition , le problème des déchets dont certains ont une très longue durée de vie , ainsi que les risques d'accidents ne peuvent nous laisser envisager d'utiliser la fission nucléaire de manière durable.

    Par florian petitalot, le 22 March 2016 à 07:54.

  • projet de transition énergétique

    Dans le projet du PCF précédant le débat publique, il n'est aucunement fait mention d'une politique de transport dans les agglomérations. Rappelons que 3/4 des déplacements automobiles font moins de 5km, qu'un tiers des actifs travaillent dans leur commune de résidence, qu'un tiers des actifs au moins ont un déplacement domicile travail de moins de 10km. Vous qui êtes soucieux du pouvoir d'achat des classes populaires, je ne comprends pas pourquoi vous ne défendez jamais la priorité à donner à une politique nationale vélo très ambitieuse. Aux Pays-Bas, et au Danemark des villes en sont à 50% des déplacements à vélo avec un rayon d'action de 15km avec une assistance électrique.

    Le logement et le transport représentent près de la moitié du budget incompressible de nombreux ménages. Donner une priorité au vélo dans les infrastructures donnera un reste à vivre important.

    Par Dominique Bied, le 24 November 2012 à 20:34.