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Les Fralib veulent apprivoiser l’Éléphant

 
 
 
 

Les salariés de la société de fabrication de sachets de thé sont venus présenter hier au monde politique à Paris leur projet alternatif pour conserver l’activité.

Journée marathon pour les salariés de Fralib. Une cinquantaine des 182 salariés de la société qui produit les thés et la tisane de la marque Éléphant ont débarqué hier dans la capitale pour présenter leur projet de reprise de l’entreprise. En septembre 2010, Unilever, propriétaire, décide de fermer les portes du site de Gémenos (Bouches-du-Rhône), jugeant Fralib pas «  assez compétitive  ». En plus de lutter contre le plan social, les Fralib élaborent un plan alternatif pour conserver l’activité, avec le soutien de la fédération CGT de l’agroalimentaire. Pour relancer la production, Unilever devrait par exemple leur acheter puis leur revendre les bâtiments et leur fournir des matières premières pendant un temps. Mais le géant de l’agroalimentaire fait la sourde oreille. Trop occupé à attaquer les délégués CGT pour diffamation quand ceux-ci écrivent que le groupe «  vole le fisc et ses clients   ». «  Unilever nous attaque pour diffamation. Ça fait vingt-huit ans que je travaille là-bas, je n’avais pas remarqué qu’ils avaient un honneur   !   » ironise Olivier Leberquier, délégué du personnel CGT. Devant André Chassaigne et Daniel Paul, Députés communistes du Puy-de-Dôme et du Havre, le syndicaliste insiste  : «  On veut conserver la marque Éléphant, qui existe depuis cent dix-huit ans, elle appartient plus aux salariés qu’au groupe.   » Hasard du calendrier, les députés communistes et d’autres formations politiques réfléchissent à un projet de loi qui permette l’accession à la propriété des salariés avec un droit de préemption. Pour André Chassaigne, cette solution coule de source. «  Dans des cas comme celui-ci, les salariés doivent pouvoir avoir la maîtrise de leur entreprise.  » Même son de cloche devant le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) où comparaissaient ensuite les syndicalistes. Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, et Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à la Présidentielle, soutiennent totalement le projet. «  On a encore plein d’idées pour les aider. Le système Unilever est symptomatique de tout ce que nous combattons   », rappelle le candidat. Après une entrevue avec le socialiste François Hollande, les Fralib ont fini leur journée au siège d’Unilever. Leur comité de soutien national est lancé. Cécile Rousseau (L’Humanité, le 7 Septembre 2011) Unilever et le magot suisse Si les syndicalistes comparaissent pour diffamation, après avoir écrit que l’entreprise « vole le fisc 
et ses clients », c’est qu’ils ont mis le doigt sur un problème 
de taille. Des dispositifs 
fiscaux instaurés par 
le groupe Unilever en Suisse, lui permettraient d’échapper au fisc français. Par cette manœuvre, Olivier Leberquier, délégué CGT, précise que chaque année, depuis 2007, 67 millions d’euros 
sont soustraits aux impôts.

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